Nouveau succès spatial pour la Chine avec l'envoi de trois astronautes vers sa station concurrente de l'ISS

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Semaine après semaine, la Chine s’affirme comme une puissance spatiale majeure. Elle vient de réussir un nouveau défi avec l’envoi d’un vol habité vers la station qu’elle est en train de construire au-dessus de nos têtes.  

Mission accomplie, et sans coup férir : la fusée Longue Marche a décollé comme prévu du désert de Gobi, dans le Nord de la Chine, à 3h30 du matin heure française, jeudi 17 juin. Avec à son bord trois astronautes, trois taikonautes comme on les appelle en Chine. Décollage impeccable, mise en orbite parfaite.  Et sept heures plus tard, vers 11 heures, heure de Paris, le vaisseau habité s’est amarré sans encombre au premier module déjà en place de la future station spatiale chinoise. Elle va concurrencer d’ici un an l’ISS, la station spatiale internationale, où se trouve actuellement le français Thomas Pesquet. Les trois taikonautes, Nie Haisheng 56 ans, Liu Boming 52 ans et Tang Hongbo 45 ans, affirment que tout va bien. Ils vont rester trois mois dans l’espace, pour faire progresser la construction de la station, installer du matériel, des panneaux solaires, et préparer la mise en place des futurs modules qui complèteront la station, des laboratoires destinés à des expériences de médecine, de biotechnologie, d’astronomie.  

Un déploiement spatial à 360 degrés

Cette station est en train de se monter en un temps record  puisque le premier module avait été mis sur orbite fin avril. Un mois et demi plus tard, voilà donc déjà le volet suivant de la mission. 8 autres lancements sont prévus pour compléter la construction de la station, le tout d’ici à la fin 2022, donc en seulement 18 mois.   Baptisée Tiangong (ça veut dire Palais Céleste), la station chinoise sera 3 à 4 fois plus petite que l’ISS. Elle ressemblera davantage à l’ancienne station soviétique Mir, en orbite basse, environ 400 kilomêtres au-dessus de nos têtes. Durée de vie : une dizaine d’années. Le symbole est fort, emblématique de l’accélération très rapide du programme spatial chinois, tous azimuts : présence depuis le mois dernier d’un robot sur Mars, il a envoyé plusieurs photos il y a quelques jours, dont un selfie ; envoi réussi il y a deux ans d’un module sur la face cachée de la Lune, une première mondiale ; mise en place d’un système de navigation par satellite indépendant du GPS américain ; projet de construction d’une base lunaire habitée avec la Russie. C’est impressionnant et c’est le résultat d’investissements qui se comptent en milliards au cours des vingt dernières années.  

Un symbole pour les 100 ans du parti communiste chinois

Le pouvoir chinois entend bien en tirer tout le bénéfice politique possible. La médiatisation de ces projets spatiaux est très forte en Chine. Avant de partir, les trois astronautes, juste avant leur décollage, ont participé à une cérémonie patriotique, avec le retour d’un vieux refrain nationaliste, "La Chine nouvelle est indissociable du Parti communiste". En plus,  la réussite de cette mission se produit quelques jours avant les festivités du 1er juillet qui vont marquer le centenaire du Parti communiste chinois. Tout le pays sera mobilisé. Le régime ne se prive donc pas de mettre ces succès spatiaux en exergue, a fortiori dans un contexte internationale de tension avec l’Occident.    

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