Le Mexique emporté à son tour par le raz-de-marée #MeToo

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Le grand pays d'Amérique Centrale est touché depuis quelques jours par une vague de dénonciation du harcèlement sexuel, en particulier dans le monde de l'édition et des médias.

Près d’un an et demi après le déclenchement aux Etats-Unis de cette vague de dénonciation du harcèlement sexuel, le Mexique est emporté par la bourrasque #MeToo. Tout a démarré jeudi 21 mars par un simple tweet, celui d’une femme, Ana Gonzalez qui dénonce des viols à répétition commis par un célèbre écrivain mexicain. Peu après, elle publie son nom et sa photo. L’intéressé nie en bloc, mais les accusations contre lui se multiplient sur la toile. Puis dans la foulée, le mouvement s’élargit, sous le titre #Metooescritores, les écrivaines #MeToo. Et en moins d’une semaine, tout l’univers de l’édition littéraire est secoué : 200 noms sont pointés du doigt, tous soupçonnés de harcèlement. Et tous se défendent en parlant de délation sans preuve.  

Les médias dans la tourmente

Ce mouvement s’est propagé à d’autres secteurs d’activité comme une traînée de poudre. En 48 heures, on a vu apparaître des #Meetooperiodistas, #Metoocine #Metoomusica, #MeetooAcademicos, et le dernier né #Meetooempresarios. Traduction : les journalistes, le cinéma, la musique, le monde universitaire, et enfin celui de l’entreprise. Le monde des médias est particulièrement touché, comme un peu partout dans le monde : 150 hommes sont visés par différents témoignages anonymes. L’association des journalistes mexicaines a conduit une étude précise : 73% des femmes reporters au Mexique affirment avoir déjà été victimes de harcèlement, le plus souvent de leur supérieur hiérarchique. Les plus grands titres de la presse écrite mexicaine sont montrés du doigt comme Excelsior et El Universal. Ils ont d’ailleurs bien du mal à en parler dans leurs propres colonnes. Il faut aller sur les réseaux sociaux pour mesurer l’ampleur du sujet, qui suscite des millions de commentaires !  

Même chose dans le monde universitaire : des dizaines d’enseignantes se disent victimes de harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Après l’Argentine il y a quelques semaines, voilà donc un autre grand pays latino-américain pris dans la tourmente. Et c’est un raz-de-marée en moins d’une semaine.  

Neuf féminicides par jour

Pour autant il n'est pas acquis que tout cela ait des conséquences réelles parce que le Mexique reste un pays profondément machiste avec une vision souvent rétrograde de la femme. Selon les chiffres officiels de l’ONU, une femme sur cinq y est victime de violence sexuelle. Et on compte neuf meurtres de femmes par jour ! En face, la réponse des autorités est faible : dans la capitale Mexico, quelques lignes de bus ou des wagons de train ont été réservés aux femmes. Mais la justice est aux abonnés absents sur le sujet, très peu de plaintes aboutissent. Voilà donc un sujet de plus sur le bureau du nouveau président américain, AMLO, comme on le surnomme. Depuis sa prise de fonctions il y a trois mois, il secoue le cocotier sur plein de sujets. Il a du pain sur la planche.  

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