Le Brésil se prépare à la grève générale contre Jaïr Bolsonaro

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Le Brésil pourrait être en grande partie paralysé, vendredi, en raison d’un appel à la grève générale contre la réforme des retraites initiée par le président d’extrême droite Jaïr Bolsonaro.

L’économie du plus grand pays d’Amérique du Sud (210 millions d’habitants) pourrait bien être à l’arrêt, vendredi 14 juin. La grève s’annonce particulièrement suivie dans les transports et la quasi-totalité des syndicats appellent à cesser le travail. Il faut donc s’attendre à de fortes perturbations dans plusieurs centaines de villes et d’agglomérations. Par exemple, à Sao Paulo, la capitale économique, il pourrait n’y avoir quasiment aucun bus, aucun métro et aucun train de banlieue.

Les chauffeurs routiers, qui sont également mobilisés et qui pourraient bloquer des routes, représentent un lobby très important au Brésil : 700 000 chauffeurs ! Leur fédération syndicale a voté la grève. Il faut aussi s’attendre à des perturbations dans les aéroports et dans les ports, en particulier celui de Santos qui est le plus grand du continent. En résumé, tout semble annoncer une démonstration de force des syndicats.  

La réforme des retraites pour tout le monde sauf les militaires

La réforme des retraites est le sujet au centre de toutes les préoccupations. Sur le papier, rien de très original : comme de nombreux autres pays, le Brésil est confronté à un déficit très important et il est au bord de l’asphyxie financière. La priorité est donc de faire rentrer de l’argent dans les caisses, près de 300 milliards d’euros sur 10 ans. Le gouvernement entend donc repousser l’âge de départ à la retraite : 65 ans pour les hommes, 62 ans pour les femmes. De plus, l'État brésilien veut imposer une durée minimale de cotisations de 40 ans et supprimer certaines niches fiscales, par exemple celle des députés, dont la retraite est confortable.

Le débat parlementaire a débuté en février et le vote final est prévu début juillet. Il faut une majorité des 3/5e pour que le texte soit adopté. Les syndicats, quant à eux, estiment que ce sont les plus pauvres qui vont payer les pots cassés de la réforme. De son côté, le président brésilien, Jaïr Bolsonaro, est embarrassé par la situation politique, car il a bâti son succès électoral, en partie, sur le vote des retraités. Il a donc déjà désavoué, en partie, son ministre de l’économie, artisan de la réforme et il en a aussi profité pour exclure tous les militaires du champ d’application du texte. Pour rappel, Jaïr Bolsonaro est très lié à l’armée. Par exemple, son vice-président est un militaire de carrière.

Les attaques répétées contre l'Université et la recherche

Tout cela crée de la confusion, à l’image de ces six premiers mois de présidence d’extrême droite. Le mouvement de demain pourrait d'ailleurs agréger d’autres colères et d’autres protestations : chez les enseignants et des étudiants, par exemple. C’est la première cible de Jaïr Bolsonaro et il n’y a va pas de main morte : coupes budgétaires pour les universités (jusqu’à 30% pour certains d’entre elles), limitation drastique des bourses d’étude, volonté de suppression des filières de sociologie et de philosophie, qui sont, selon lui, des "fabriques marxistes". Il y a un mois déjà, un million et demi de personnes ont manifesté pour s’opposer contre ces attaques en règle contre l’université et la recherche. De nombreux campus restent bloqués aujourd’hui encore et enfin il y a aussi la colère des populations indiennes qui voient leurs droits remis en cause .Tout cela fait du Brésil de Bolsonaro un baril de poudre.

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