La Somalie menacée d'une famine majeure

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Le pays d'Afrique de l’Est est confronté en cette fin d’été à une crise humanitaire croissante en raison de la situation politique et aussi du réchauffement climatique.

Deux millions de personnes, dont une forte proportion d’enfants, sont au bord de la famine. C'est une évaluation de l’ONU et des principales ONG en cette fin août. Et trois millions d’autres n’ont qu’un accès très aléatoire à la nourriture. Ça veut dire au total près de la moitié de la population dans ce pays de 12 millions d’habitants, en grande partie désertique. Et l’explication numéro un, c’est la sécheresse, avec des conséquences autrement plus dramatiques qu’en France.

Une saison humide aride

Depuis le mois d’avril, il n’a quasiment pas plu en Somalie, alors que c’est théoriquement la saison humide d’avril à juillet. Et les rares fois où l’eau est tombée du ciel, il s’agissait de pluies torrentielles, qui aggravent encore la situation. Du coup, le bétail se meurt, les récoltes deviennent inexistantes. Les populations rurales se déplacent progressivement vers les villes. Mais elles n’ont pas nécessairement pour autant les moyens de se nourrir. La Somalie est familière des épisodes de sécheresse : en 2011, 250 000 personnes y avaient laissé la vie. Le problème, selon l’ONG Oxfam, c’est que ces épisodes sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Conséquence très probable du réchauffement climatique.  

Un conflit persistant avec les islamistes

Et la situation politique n’arrange rien. Le pays reste instable, contrairement à ses voisins, le Kenya ou l’Éthiopie. Plusieurs zones restent contrôlées par le mouvement islamiste des Shebab qui est affilié à Al Qaida. Le groupe a été chassé de la capitale, Mogadiscio, il y a huit ans. Mais il continue ses opérations de guérilla. A la mi-août, il a attaqué une base militaire au sud de Mogadiscio. Les Shebab sont très présents en zone rurale, où le travail des associations humanitaires est très compliqué : le mouvement islamiste cherche à tirer profit de l’aide, et essaie régulièrement d’imposer des taxes aux ONG. Cette situation de conflit provoque évidemment des mouvements de population : près d’un Somalien sur cinq est déplacé, ne vit plus chez lui. Et les bidonvilles se multiplient dans la capitale.

Les donateurs étrangers aux abonnés absents

Quant à l’aide internationale, elle est très fragile, et très insuffisante. Les donateurs étrangers n’honorent pas leurs promesses : seulement 35% de l’aide promise pour cette année a été versée jusqu’à présent. Il manque près d’un milliard de dollars à l’appel. Ce ne sont pas tant les pays voisins qui font défaut : ce sont surtout les pays occidentaux, les États-Unis en tête. Conséquence, en bout de chaîne, l’aide n’arrive pas sur le terrain, en particulier dans les régions les plus reculées. L’ONU estime que lors du premier semestre 2019, le nombre de personnes secourues a diminué de moitié par rapport à l’an dernier. Et 80% des enfants malnutris n’ont accès à aucun traitement médical. La situation pourrait donc se détériorer rapidement. On est au bord d’une crise humanitaire majeure.      

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