La grande bascule de Volkswagen vers la voiture électrique

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Le constructeur automobile allemand l'a annoncé mardi 12 mars : il va se convertir à l'électrique de façon massive dans les dix années qui viennent.

Le premier groupe automobile mondial (à touche-touche avec Renault-Nissan) fait sa révolution : la révolution vers la voiture électrique. Et le tout à vitesse accélérée. Le patron du groupe a annoncé son intention de construire 22 millions de véhicules électriques d’ici dix ans. Le montant des investissements annoncé est colossal : 44 milliards d'euros, dont la moitié pour l’électrique. Et à l’horizon 2050, dans 30 ans, Volkswagen entend ne plus émettre le moindre gramme de carbone : zéro voiture à essence.

Toutes les marques du groupe sont concernées : les milieux de gamme de Volkswagen (objectif un véhicule à 25 000 euros) mais aussi le luxe, avec un utilitaire d’Audi et une sportive de Porsche. Au total, 70 modèles électriques d’ici 2028. Volkswagen va développer une recherche massive sur l’autonomie des batteries. Et annonce la création de 400 stations de recharge sur les routes et autoroutes : 100 en Allemagne et 300 ailleurs en Europe. C’est donc une volte-face complète pour l’ex champion du diesel.
Et c’est un pari, le marché restant pour l’instant balbutiant. Mais vu le poids de Volkswagen, cette révolution va sans doute donner le la pour toute l’industrie automobile pour les années à venir.  

Une conséquence du "Dieselgate"

Ce changement de camp est aussi une conséquence du scandale Dieselgate qui a frappé Volkswagen. Il y a quatre ans, la firme allemande a reconnu avoir truqué 11 millions de voitures, pour masquer leurs émissions polluantes. Le scandale a coûté une fortune au constructeur : 30 milliards d’euros. Et ce n’est pas fini, puisque deux procès géants sont encore en cours en Allemagne. Les bénéfices de Volkswagen sont d’ailleurs en baisse régulière : seulement 3,8% de marge l’an dernier, beaucoup moins que prévu.

Après ce scandale, Volkswagen a accusé le coup. Et son réveil sur l’électrique est finalement tardif mais il est donc massif. Plusieurs raisons ont dicté ce choix : l’explosion des coûts liés aux normes antipollution, les objectifs de fabrication fixés par les gouvernements en Europe comme en Chine, et bien sûr des enquêtes poussées auprès des automobilistes. Avec cette décision radicale de Volkswagen se dessine un futur où dans 10 ou 15 ans, vous serez sans doute nombreux à nous écouter en roulant électrique.    

Des suppressions d'emplois annoncées

Mais il y a un bémol, c’est l’impact social de cette décision : Volkswagen a annoncé hier soir de 5 000 à 7 000 suppressions d’emplois. Et ce n’est sans doute qu’un début. Le patron de la firme évalue que la fabrication d’une voiture électrique nécessitera à terme 30% de moins d’efforts humains par rapport à la fabrication d’un véhicule à essence. Vous imaginez l’impact en termes d’emplois. Pour l’instant, le constructeur est tenu par un accord avec les syndicats jusqu’en 2025, mais après il faut s’attendre à de la casse.  

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