Hong Kong : les figures du combat pro-démocratie dans le box des accusés

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Le procès est emblématique. Neuf personnes sont dans le box, neuf figures historiques du combat pour la démocratie dans la ville.  

Lorsqu’il est arrivé devant la Cour de West Kowloon où se déroulait l’audience mardi 16 février, Leung Kwok Hung arborait ce matin un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara. Il a levé les bras en faisant le V de la victoire et a crié : "À bas les poursuites politiques". Leung Kwok Hung, 64 ans, surnommé "Cheveux longs", est l’un des neuf accusés de ce procès qui a valeur de symbole. Plusieurs militants réunis devant le tribunal lui ont répondu en faisant le salut à trois doigts qui est devenu le signe de ralliement des mouvements contre l’autoritarisme en Asie, en Thaïlande ou en Birmanie.

Au total, ils sont donc neuf dans le box. Tous sont des visages bien connus de la lutte pour les droits à Hong Kong depuis des décennies. Tous appartiennent à l’ancienne génération du combat démocratique pour le suffrage universel. Il y a là, outre "Cheveux longs", l’avocate et journaliste Margaret Ngoi Yee, 73 ans, le patron de presse Jimmy Lai, âgé de 72 ans, ou le plus célèbre sans doute, l’avocat Martin Lee, 82 ans. Lee, ironie de l’Histoire, c’est l’homme qui au départ avait été choisi par Pékin pour rédiger la loi fondamentale de Hong Kong, au moment de la rétrocession de la ville par le Royaume-Uni. Aujourd’hui, il est dans le collimateur de Pékin.

Une manifestation géante considérée comme interdite

L'accusation, qui doit s'exprimer à partir du mercredi 17 février, leur reproche d'avoir organisé la grande manifestation du 18 août 2019, puis d’y avoir participé. Des centaines de milliers d’habitants de Hong Kong avaient battu le pavé ce jour-là. Le chiffre de 1,7 million de manifestants avait même été avancé, soit un quart de la population de la ville. L’accusation considère que seul un rassemblement immobile avait été autorisé par la police, et qu’en mettant la foule en marche, les organisateurs ont donc bravé les instructions et initié une manifestation interdite.

Pour ce seul motif, les neuf prévenus risquent jusqu’à deux fois cinq ans de prison. C'est sans doute la raison pour laquelle deux d’entre eux, Au Nok Hin et Leung Ying Chang ont préféré plaider coupable à l’ouverture de l’audience en espérant sans doute voir leur peine réduite. Les sept autres contestent donc le fondement même des poursuites. Le verdict, qui est normalement prévu le 22 mars, devrait donner une idée claire de l’état de la répression en cours à Hong Kong.  

Le projet d'une interdiction de quitter la ville

Pour l'instant, cette répression s’accroît de jour en jour : les arrestations se sont multipliées depuis un an, a fortiori depuis l’instauration de la nouvelle loi sur la sécurité nationale adoptée l’été dernier. Le contrôle politique touche désormais le système éducatif. Et la dernière idée du pouvoir, dévoilée vendredi 12 février, c’est d’attribuer au directeur de l’immigration de Hong Kong le pouvoir d’interdire à qui que ce soit de quitter la ville, sans une autorisation préalable de justice. Il s’agit pour le pouvoir chinois d’enrayer la fuite des militants pro-démocratie vers Taïwan, la Grande-Bretagne ou le Canada. Le projet n’est pas encore adopté. Mais s’il l’est, il achèvera de transformer Hong Kong en une prison à ciel ouvert, puisqu’il deviendra impossible d’en sortir librement.    

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