Hong Kong : après leur procès, les leaders du "mouvement des parapluies" attendent le verdict de la justice

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Les principaux dirigeants de l'opposition à l'origine de la vague de contestation de 2014 seront fixés sur leur sort mardi 9 avril.

C'est l'heure du verdict pour les neuf leaders du mouvement pro-démocratie qui avait paralysé Hong Kong pendant deux mois et demi à l’automne 2014. Ils sont tous poursuivis pour "troubles à l’ordre public". Le procès a eu lieu en novembre dernier et ils vont connaitre leur peine mardi 9 avril. Ils risquent jusqu’à sept ans de prison. La décision judiciaire, quelle qu’elle soit, donnera un signal sur la politique du pouvoir central chinois, et son degré de répression en particulier face à la turbulente Hong Kong. Rappelons que la ville, huit millions d’habitants, a rejoint le giron chinois en 1997 seulement, après avoir été rétrocédée par le Royaume-Uni.

Dans le box, il y a des profils très différents : des hommes politiques d’opposition, des avocats et des juristes et d’anciens leaders étudiants. Plusieurs d’entre eux restent d’ailleurs engagés en politique, notamment Benny Taï, professeur de droit à l’université. Il essaie de monter une campagne contre les candidats du pouvoir central chinois pour les élections locales prévues en Novembre prochain.

79 jours d'occupation sous les parapluies

C’est déjà sur un sujet de ce genre que s’était déclenché le mouvement en 2014 : ce qui avait mis le feu aux poudres à l’époque, c’est la volonté de Pékin d’imposer une réforme électorale à Hong Kong conduisant à nommer directement les dirigeants de la ville. Le mouvement avait donc débuté le 28 septembre sous le slogan "Occupy Central". Les manifestants s’étaient mis à occuper le centre de la ville, le quartier de l’Amirauté. Ça avait duré 79 jours, avec la création d’une véritable ville dans la ville : installation de tentes sur les axes routiers, mise en place d’un système autonome d’alimentation, de santé, de tri des déchets, etc. 

On estime que plus d’un million de personnes ont participé au mouvement, rebaptisé le "mouvement des parapluies", parce que les gens se protégeaient des gaz lacrymogènes de la police, avec des parapluies. La répression du pouvoir central avait fini par l’emporter. Et depuis l’autoritarisme de Pékin n’a cessé de s’accroitre.  

Peur sur la ville

Depuis, le pouvoir chinois l’a d’ores et déjà emporté en grande partie. Quatre ans et demi plus tard, la peur règne sur les campus universitaires de la ville, où l’engagement dans l’opposition est très mal vu. Les leaders du mouvement reçoivent régulièrement des menaces. Les entreprises qui osent faire de la publicité dans les journaux pro-démocratie sont montrées du doigt. Et les habitants de Hong Kong sont très divisés : ils sont nombreux à estimer que ce soulèvement de 2014 a fait plus de mal que de bien, en déclenchant en retour une répression accrue du pouvoir. Pour Pékin, c’est une victoire dans les esprits mais pas dans les cœurs : plusieurs études démontrent que la plupart de Hong Kongais ne se sentent pas Chinois. En tous cas, le verdict mardi donnera une indication claire sur la position de Pékin : la poursuite de la répression ou une esquisse de main tendue.

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