Elections européennes : la Pologne se divise sur les sujets de société

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La campagne des européennes a été marqué en Pologne par un vif débat sur la pédophilie dans l'Eglise.

C'est le sujet qui pourrait faire pencher la balance dimanche 26 mai au soir, celui qui porte sur la pédophilie dans l’Eglise. Dans cette vaste Pologne, 38 millions d’habitants (c’est le plus peuplé des pays de l’Est de l’Union), le clergé est très puissant. Mais depuis des mois, la controverse monte sur les pratiques pédophiles d’un certain nombre de prêtres.

Le 11 mai, la polémique s’est encore accentuée, avec la diffusion d’un documentaire sur You Tube où des victimes témoignent et des membres du clergé admettent ces abus sexuels sur des mineurs. Le documentaire a été visionné près de 20 millions de fois. C’est évidemment sans aucun rapport direct avec les questions européennes, mais l’impact politique pourrait tout de même être important, parce que le parti au pouvoir, le très conservateur PiS, Droit et Justice, est très lié à l’Eglise. L’opposition centriste, qui s’est regroupée sous l’étiquette Coalition Européenne, est sur ses talons dans les sondages : 38% pour les premiers, 37% pour les seconds. Un nouveau parti de gauche, Wiosna, arrive 3e avec 10% des intentions de vote.  

Les villes contre les campagnes

Le parti au pouvoir n’a d’ailleurs pas traîné pour réagir. D’une part, il a fait voter en urgence le 17 mai une nouvelle loi qui durcit les peines de prison et les règles de prescription pour les cas de pédophilie. D’autre part, dans un tout autre registre, nombre de ses partisans ont lancé une contre-campagne sur la dénonciation de l’homosexualité.

Les attaques verbales se sont multipliées pour associer homosexualité et pédophilie. Et le PiS dénonce une charte LGBT signée par le maire de la capitale, Varsovie, qui selon eux, pousse les enfants à la masturbation. En réalité, il n’y a rien de tout cela dans cette charte. L’épisode est révélateur en tous cas de cette Pologne qui est coupée en deux, entre les campagnes et les villes : le parti ultra conservateur tire l’essentiel de son soutien des zones rurales, alors que l’opposition dirige toutes les grandes villes depuis le scrutin municipal de l’automne dernier.  

Une répétition avant les élections nationales

On n’a quand même pas parlé que de pédophilie pendant cette campagne des Européennes en Pologne : il a aussi été question bien sûr de la politique agricole commune (les baisses de subvention inquiètent les agriculteurs polonais) et de la sécurité aux frontières face au grand voisin russe (perçu comme la menace en Pologne).

Mais globalement, ce scrutin donne surtout l’impression d’une répétition générale avant les élections nationales, législatives puis présidentielle qui sont prévues dans les 12 prochains mois. On murmure d’ailleurs que l’opposition pourrait se regrouper derrière la candidature de Donald Tusk, actuel président du Conseil européen. Résultat : les Européennes ne passionnent pas. On s’oriente vers un taux de participation très faible en Pologne, de l’ordre de 25% seulement. Alors même, c’est paradoxal, que le pays est clairement pro-européen.  

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