Élections européennes : la gauche a le vent dans le dos en Espagne

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Toute la semaine un regard sur la campagne électorale chez nos voisins : dernière étape de notre tour d’Europe, l’Espagne, l’un des rares pays où la gauche part favorite.

Le Parti socialiste espagnol, moribond il y a un an, semble bien parti pour signer un nouveau succès. Un mois après être sorti en tête des législatives, il part largement favori de ces européennes, avec plus de 30% dans les intentions de vote, ce qui lui attribuerait 17 députés. Loin devant le grand mouvement de droite traditionnelle, le Parti populaire, estimé autour de 19%, en forte baisse, concurrencé au centre-droit, par le mouvement Ciudadanos, 15% dans les sondages. Dans cette campagne des européennes, les socialistes ont eu l’adresse de se doter d’une tête de liste connue en Espagne, le catalan Josep Borrell, ancien président du Parlement de Strasbourg. Et ils ont avancé des propositions, par exemple l’instauration d’un salaire minimum européen. L’Espagne est l’un des pays les plus europhiles du continent : les deux tiers des Espagnols ont une opinion positive de l’Europe. Et en cas de succès, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez pourrait s’imposer comme le nouveau leader de la gauche en Europe. Cela étant, comme dans de nombreux pays de l’Union, la campagne pour les européennes n’a pas passionné en Espagne. Les élections municipales et régionales, qui se déroulent également ce dimanche 26 mai, intéressent beaucoup plus les Espagnols.  

Une campagne difficile pour Manuel Valls à Barcelone

Il y a notamment cette élection municipale à Barcelone où un certain Manuel Valls est candidat : l’ancien Premier ministre français a décidé de revenir dans sa ville natale. Mais ses chances semblent limitées. Les enquêtes d’opinion ne le placent qu’en quatrième position avec environ 13% des intentions de vote. On voit mal, là encore, comment la mairie de Barcelone pourrait échapper à la gauche. Manuel Valls a reçu un certain soutien des milieux économiques. Mais il a commis une maladresse : s’associer au parti Ciudadanos qui, au niveau national espagnol, est très opposé à l’indépendance de la Catalogne. Et ça évidemment, ça vous fait perdre pas mal d’électeurs à Barcelone, la capitale de la Catalogne. Plus globalement d’ailleurs, le débat sur l’indépendantisme catalan a été omniprésent, y compris dans la campagne des européennes. Parce que c’est le sujet qui cristallise les passions en Espagne. L’opposition de droite accuse le Premier ministre socialiste d’avoir l’intention de gracier les dirigeants indépendantistes actuellement en détention préventive. Le problème pour Pedro Sanchez, c’est qu’il a besoin, au Parlement, de cette force d’appoint des indépendantistes catalans.  

La région de Madrid pourrait basculer

On vote aussi ce 26 mai dans tout un tas de villes et de régions en Espagne: 8 000 mairies dans la balance et surtout 12 des 17 régions espagnoles. Le test c’est la grande région de Madrid. Contrôlée depuis 25 ans par le Parti populaire, la droite.  Et là encore, comme dans la plupart des régions, la gauche socialiste pourrait renverser la vapeur. Ce serait un événement politique important en Espagne. Dans ce cas de figure, Pedro Sanchez aurait les mains libres pour former son gouvernement. Puisqu’il ne l’a pas fait dans la foulée des législatives du mois dernier. Il a choisi d’attendre les résultats de ce triple scrutin européennes – régionales – municipales. 

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