Covid-19: La Chine a déjà inoculé l'un de ses vaccins expérimentaux à 1 million de personnes

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La course au vaccin bat son plein, marquée ces derniers jours par les résultats présentés par les laboratoires américains Pfizer et Moderna. Pendant ce temps, la Chine a commencé à vacciner à tour de bras, alors même que l’on en est encore au stade expérimental.  

Le chiffre est spectaculaire, rendu public hier par Sinopharm, l’entreprise pharmaceutique publique chinoise : 1 million de personnes ont donc déjà testé l’un des deux projets de vaccin développés par la firme. La Chine a commencé à tester à grande échelle dès l’été dernier, essentiellement auprès du personnel soignant et auprès du personnel des entreprises pharmaceutiques elles-mêmes. Ça s’est donc accéléré ces deux derniers mois. Et la direction de Sinopharm affirme n’avoir constaté à ce jour aucun effet secondaire sérieux. Cela dit, elle n’a publié aucune statistique sur le taux d’efficacité de ses deux projets de vaccin. Le plus fascinant c’est que ces tests à grande échelle ne se déroulent pas en Chine. Et pour cause : ça n’aurait pas de sens, puisque la propagation du virus semble enrayée dans le pays. Rappelons que la Chine ne compte (entre guillemets) que 4634 morts et 86.000 cas de contamination. Soit dit en passant, ça pourrait d’ailleurs conduire une partie de la population chinoise à se montrer réticente face à la vaccination. Les tests ont donc lieu dans une dizaine de pays étrangers, par exemple l’Argentine, le Pérou, l’Égypte, la Jordanie ou les Émirats.  

4 projets de vaccin en phase III

Pas moins de 4 projets de vaccin sont en phase expérimentale en Chine mais aucun n’est homologué. Il y a donc ces deux projets de Sinopharm, l’entreprise publique. Ils fonctionnent sur le principe de l’inoculation du virus désactivé : il s’agit de tromper le système immunitaire, donc de déclencher des anticorps de protection, sans avoir vraiment inoculé la maladie. Deux entreprises chinoises privées, CanSino et Sinovac, sont elles aussi en phase III, d’expérimentation à grande échelle, sur un autre modèle de vaccin de type viral. Mais là on ne dispose pas de chiffres. Tout juste sait-on que Sinovac semble s’être associée avec l’une des régions chinoises, le Zhejiang, à l’Est, tout près de Shanghaï, pour effectuer ces tests. Là encore les inoculations sont effectuées en priorité sur le personnel médical et aussi sur le personnel des douanes. Les deux entreprises semblent également mener des tests en Russie et au Pakistan. Le vaccin de Sinovac, qui coûte 50€ l’unité pour l’instant, a été pré-acheté par le Brésil. Et il est sur le point de l’être également par la Turquie.  

Coopération avec l'OMS pour l'accès des pays pauvres au vaccin

La Chine promet en outre de partager ses vaccins avec le reste de la planète et c’est une grosse différence avec les États-Unis. Mi octobre, Pékin a rejoint le projet Covax, initié par l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, projet dont l’Union Européenne fait également partie. Il s’agit de financer l’accès des pays plus pauvres au futur vaccin. La Chine cherche évidemment, de cette manière, à redorer son image, sérieusement écornée par l’apparition du virus sur le sol chinois. L’OMS s’est donnée pour objectif de disposer de 2 milliards de doses de vaccins d’ici un an.  

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