Covid-19 : on voyage à nouveau librement entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande

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À l'autre bout du monde, une grande première intéresse toute la planète : l'Australie et la Nouvelle-Zélande viennent d'inaugurer une "bulle" de libre circulation entre les deux pays, sans quarantaine.

"Hooray Bubbles !" (En français : "vive les bulles !"). Voilà ce qu'on peut lire sur l'un des panneaux qui accueillent désormais les passagers à l'aéroport d'Auckland en Nouvelle-Zélande. Le premier vol s'est en effet posé lundi 19 avril au matin en provenance de Sydney, en Australie. Et comme promis : aucun contrôle sanitaire.

Cette "bulle" fait figure de test, notamment pour les pays européens qui envisagent pour cet été une réouverture progressive de leurs frontières. Il y avait beaucoup d'émotion dans les aéroports concernés, puisque tout était fermé en tous cas dans le sens Australie-Nouvelle-Zélande depuis 400 jours, soit plus d'un an. Or, des centaines de milliers de Néo-Zélandais sont expatriés en Australie et en temps normal, ils font des allers-retours fréquents, puisqu'il y a seulement trois heures de vol. Ils sont donc nombreux à n'avoir pas vu leurs proches depuis plus d'un an. Dès le dimanche 18 avril, certains n'ont pas hésité à dormir devant l'aéroport de Sydney pour être sûrs d'embarquer au matin.

Un espoir pour le tourisme

L'objectif, c'est aussi de relancer l'économie des deux pays. C'est d'abord une bonne nouvelle pour les compagnies aériennes : JetStar, Air New Zealand, Qantas. Dès fin avril, 400 vols par semaine sont annoncés entre les deux voisins. Le patron d'Air New Zealand parle d'une "renaissance économique" pour sa compagnie. L'idée est aussi de sauver la saison touristique d'hiver, qui va bientôt débuter en Nouvelle-Zélande. Le tourisme est une ressource déterminante pour le pays. Les touristes australiens représentent à eux seuls 40% des étrangers qui viennent en Nouvelle-Zélande. Dans l'autre sens, c'est 15%, ce qui n'est pas négligeable non plus pour l'économie australienne.

Tout ça est rendu possible par la maîtrise de l'épidémie dans les deux pays, en particulier en Nouvelle-Zélande. Le pays ne compte que 26 morts et 2 600 cas grâce à des mesures drastiques initiées par sa première ministre Jacinda Ardern. Le bilan est un peu moins flatteur en Australie, mais tout de même relativement bon aussi : 910 morts, 29 000 cas. On est très loin des chiffres européens ou américains. Cela dit, les deux pays ont un talon d'Achille, c'est la vaccination. Elle débute à peine : 2% de la population en Nouvelle Zélande a reçu au moins une dose, 0,5% seulement en Australie, contre 20% en moyenne en Europe.

Du coup, les Néo-Zélandais sont un peu dubitatifs. Selon les enquêtes d'opinion, près de la moitié de la population est opposée à l'ouverture de cette bulle, par crainte de voir le virus débarquer dans leur archipel. En tous cas, l'idée de ces deux pays est de créer progressivement d'autres bulles, notamment avec les pays d'Asie qui ont su contrôler l'épidémie : Taiwan, Singapour, la Corée du Sud. Ou bien avec de petits États du Pacifique, comme les îles Tuvalu. Toujours dans la même région du monde, un autre archipel, un peu plus au nord, les Palaos, a lui aussi créé une bulle la semaine dernière, avec Taiwan, sans contrôle, sans quarantaine. Forcément, toute la planète regarde avec attention ces tests, ces réouvertures progressives des frontières.

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