Au Canada, Justin Trudeau lance une campagne électorale à suspense

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Les élections sont prévues le 21 octobre, après la dissolution du Parlement effectuée formellement ce 11 septembre. Le premier ministre Justin Trudeau remet son mandat en jeu et ça s’annonce serré.  

Rien n’est joué pour le premier ministre canadien, qui s’est imposé depuis 4 ans comme une vedette au plan international. La course est donc lancée, formellement depuis ce 11 septembre.Justin Trudeau s’est en effet rendu au Palais de Rideau Hall, à Ottawa la capitale pour demander à la Gouverneure générale du pays, c’est-à-dire la représentante de la reine Elizabeth II, la dissolution de la Chambre des Communes. C’est l’usage au Canada, puisque il s'agit d’un pays du Commonwealth britannique. La comparaison avec le Royaume-Uni s’arrête là parce qu’autant la confusion règne à Londres avec le Brexit, autant les choses sont bien réglées au Canada. Le vote est donc fixé au lundi 21 octobre. 21 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, pour élire 377 députés. Et tout est prêt : les meetings, les publicités électorales, et les débats télévisés. Il y en aura deux, l’un en anglais, l’autre en français, sans doute les 7 et 10 octobre. Au Canada, on appelle ça "les débats des chefs" !

Une personnalité critiquée

Le parti centriste de Justin Trudeau, les Libéraux, ne devance que de très peu les Conservateurs de droite. 36% contre 34% dans les sondages. Justin Trudeau présente un bilan plutôt positif sur le plan économique : près de 4% de croissance, un taux de chômage au plus bas depuis 40 ans, et un accord de libre-échange âprement négocié avec les Etats-Unis. Il a aussi tenu ses engagements sur plusieurs sujets de société, comme l’autorisation de la consommation du cannabis. Et sur la scène internationale, il a imposé sa personnalité, souvent séduisante, et sa jeunesse (il n’a que 47 ans). Mais il irrite aussi de nombreux Canadiens.  Beaucoup lui reprochent de privilégier la forme sur le fond. D’avoir des goûts de luxe : ses vacances dans l’une des propriétés de l’Aga Khan aux Bahamas ont suscité la controverse. Et surtout, son intégrité pose question : il est soupçonné d’avoir fait pression sur son ancienne ministre de la Justice pour qu’elle fasse éviter un procès pour corruption à une entreprise québécoise.  

L'environnement au coeur de la campagne

Enfin, il y a la question de sa sincérité sur l’engagement écologique et cette question s’annonce majeure dans la campagne avec sans doute, comme en Europe, une poussée des Verts; ils sont jusqu’à présent marginaux dans le paysage politique canadien. Là ils pourraient dépasser les 10 voire les 12% et s’imposer comme la 3ème force politique du pays, en particulier au Québec à l’Est, et en Colombie Britannique, à l’Ouest sur la côte Pacifique. L’environnement arrive au second rang des préoccupations des électeurs canadiens, juste après l’économie. Et sur ce sujet, Justin Trudeau n’a pas toujours mis ses paroles en accord avec ses actes : il se pose en champion de la cause climatique, mais il a validé la construction d’un oléoduc géant. Et ça suscite beaucoup de critiques parce qu’il s’agit en plus de pétrole issu de sables bitumineux, particulièrement polluants. Le suspense électoral est donc très fort. 

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