Algérie : les travaux d’Hercule du nouveau Premier ministre

Aymen Ben Abdelrahmane est l'ancien ministre des Finances du gouvernement sortant, mais aussi ex-gouverneur de la Banque centrale algérienne.

Un nouveau Premier ministre vient d'être nommé en Algérie par le président Tebboune. Aymen Ben Abdelrahmane est un technocrate au profil financier, qui a pour feuille de route de redresser l'économie du pays.

Son CV est impressionnant. Aymen Ben Abdelrahmane est l'ancien ministre des Finances du gouvernement sortant, mais aussi ex-gouverneur de la Banque centrale algérienne. Diplômé de l'École nationale d'administration d'Alger (ENA) et de l'École nationale des finances publiques de Clermont-Ferrand, ce technocrate de 55 ans connaît sur le bout des doigts les dossiers économiques qui sont sa spécialité et surtout les défis qui l'attendent.

Son premier chantier sera de constituer un gouvernement, après l'élection du nouveau parlement, élu dans une ambiance de désintérêt général. Ensuite, il lui faudra proposer un plan d'action pour sauver l'économie algérienne qui est aujourd'hui plongée dans un profond marasme. La pandémie de COVID-19 et la baisse des cours du pétrole ont gravement plombé les finances du pays. Les réserves de changes ont fondu ces derniers mois. Résultat : le chômage continue de grimper et la désespérance des jeunes avec.

Mission impossible ?

Dans ce contexte, c'est un peu mission impossible pour Aymen Ben Abdelrahmane. D'abord parce que la diversification de l'économie algérienne n'avance pas. La rente pétrolière reste le cœur des recettes de l'État. Dans un système encore très administré, la bureaucratie est paralysante et le contrôle des changes toujours en vigueur. Bref, l'Algérie attire peu les investisseurs étrangers.

Et puis, il y a un obstacle majeur pour le pouvoir algérien : comment gouverner et surtout mobiliser un pays de 45 millions d'habitants sans véritable légitimité politique dans un climat de répression tous azimuts ? Les dernières élections législatives ont tourné au fiasco avec un taux de participation de 23%, selon les chiffres officiels. Le hirak, le mouvement de contestation pacifique, est certes aujourd'hui en sourdine mais il continue d’alimenter une défiance générale.

D'où l'interrogation de l'éditorialiste du journal Al-Watan : "On voit mal comment, dans un tel champ de mines, l'exécutif, le parlement et les autres institutions pourront gérer le pays, dans le calme et la sérénité, légiférer pour la nation, sans l'adhésion de la population."

Un diplomate constate que "le pouvoir algérien n'avait aucune capacité de projection et gérait le pays à la petite semaine", selon son expression. Autant dire que le sursaut n'est pas pour demain en Algérie... même avec un nouveau Premier ministre bardé de diplômes !

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