Machines de guerre : de la Première guerre mondiale à aujourd'hui

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A l'occasion du 11 novembre, un point sur les inventions militaires d'hier et d'aujourd'hui dans les airs, sur et sous l'eau et sur terre avec les interviews des Généraux 5 étoiles : Denis Mercier, Chef d'état major de l'Armée de l'air. Bertrand Ract-Madoux, ancien chef d'état major de l'armée de terre, gouverneur des Invalides, et l'amiral Patrice de Puy-Montbrun.

Aujourd'hui, les avions de chasse, les chars d'assauts, blindés, porte-avions et autres sous-marins constituent l’équipement classique de nombreuses armées du monde. Et alors que l'on commémore en ce moment le centenaire de la Première Guerre mondiale, il est intéressant de rappeler que ces engins militaires, qui servent aussi bien au transport de troupe qu'au combat lui-même, ont été utilisé, parfois pour la première fois, entre 1914 et 1918.

La première guerre mondiale fut la première guerre industrielle de l'histoire. Pour tenter de mettre fin à un conflit qui dure et des combats qui s'enlisent, les nations engagées ont donc dû faire preuve d'inventivité et d'innovations techniques pour trouver des moyens de surpasser leur adversaire.

Français et Anglais se mirent à travailler sur de nouveaux engins dès le début de la guerre. Mais c'est le Général d'Estienne qui eut l'idée le premier de monter une pièce d'artillerie sur un châssis chenillé blindé. La réalisation fut entreprise par SOMUA, une filiale de Schneider dans la région parisienne. Un secret bien gardé puisque le premier char Schneider CA1 fut envoyé au combat le 16 avril 1917, lors de la tristement célèbre offensive du Chemin des Dames. Ce fut un premier échec pour le char d'assaut mais les généraux ont tout de suite pris conscience de l'ampleur de la révolution. Et avec l'arrivée du Renault FT17 à la fin du conflit  (3.700 unités sortirent des usines en 18 mois !) Pendant la seconde bataille de la Marne, qui fit reculer l'armée Allemande, l'utilisation du char devient indispensable dans toutes les armées du monde.

Les chars utilisés actuellement par les différentes armées sont équipés des dernières innovations pour la défense comme pour l'attaque : des systèmes de communication sans fils, des logiciels de gestion du champ de bataille en temps réel, des systèmes de protection active avec brouilleurs de guidage et leurres...

Et aujourd'hui, les meilleurs chars comme le char Leclerc peuvent aller jusqu'à 72km/h et leur moteur a une puissance de 1.500 chevaux contre 100 chevaux pour le modèle Renault FT17 d'il y a 100 ans. La portée efficace de leurs tirs a été multipliée par 4 et la taille de leur canon est passée de 37 à 120 mm.

On utilisait déjà en 1914, les dirigeables ZEPPELIN comme bombardiers, et les avions, pour des missions de reconnaissance. Rapidement, on se mit à équiper les avions de mitrailleuses, manipulées par un deuxième homme, et à les charger d'obus créant les premiers avions de chasse. Le premier combat aérien eut d'ailleurs lieu entre un avion français et un avion allemand, le 5 octobre 1914, dans le ciel de Reims.

En réalité le premier conflit mondial a surtout permis d'accélérer le progrès dans de nombreux domaines où l'innovation était déjà présente.

Si les premières tentatives sérieuses d'utilisation de sous-marins datent du XVIIIe siècle, c'est la première Guerre mondiale qui a montré combien leur utilisation pouvait être cruciale en mer. La marine allemande, qui subissait un blocus de la part des alliés, a mis au point un sous-marin, le U-boote, qui s'avéra très efficace dans le torpillage de navires et de cuirassiers alliés. Ces sous-marins ne plongeaient qu'au dernier moment et attaquaient de façon furtive les navires de commerce, et parfois même les navires transportant des civils. Ce fut le cas du Lusitania , un paquebot transatlantique torpillé par un U-Boote, et qui transportait des armes et des civils avec entre autres, 127 américains à bord.

Et 80 ans avant le Charles de Gaule, il existait déjà des porte-avions : l'HMS Argus par exemple, de la Royal Navy, fut le premier porte-avion à pont plat, forme standard des porte-avions aujourd'hui. A l'origine, un paquebot transatlantique racheté par la Royal Navy pour être transformé en porte-avion. 

Le premier envol depuis un porte-avion français fut effectué lui à la fin de la Guerre, en 1918, depuis le Bapaume

L'insolite et le coup de coeur pour ces pigeons voyageurs, soldats de la Grande Guerre

Ils furent 30.000 à être utilisés lors de la Première Guerre mondiale pour pallier les interruptions intempestives des liaisons téléphoniques. Des bus à impérial furent transformés en colombiers mobiles, et certains pigeons se sont même illustrés en transportant des messages à travers les zones de combat ou des nuages de gaz toxiques. 

(© service des armées)

Ces pigeons voyageurs ont leur monument près de l'entrée de la citadelle fortifiée de Lille, et certains ont même été décorés. Le dernier colombier militaire d'Europe se situe au fort Mont Valérien en région parisienne. A ne pas manquer donc, le musée du clombier militaire , mais aussi les expositions sur la grande guerre, respectivemement au Musée de l'Armée à Paris et au Musée de l'Air et de l'espace à Paris-Le Bourget ou sont exposées les avions authentiques de la guerre de 14/18 y compris "le vieux charles" de Charles Guynemer. 

Rédaction avec la contribution de Basile Mulciba

(© armee de l'air)
Ecouter l'Interview intégrale du Général Denis Mercier, chef d'état-major de l'armée de l'air
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