Toute dernière fois. En 1870, l'impératrice Eugénie devient dernière souveraine de France

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Tout l'été, nous revenons sur ces moments où l'histoire s'achève. Le 26 juillet 1870, l'impératrice Eugénie est nommée régente.

La scène se déroule quelques années avant le début de la Première Guerre mondiale. Une vieille femme se promène dans le Jardin des Tuileries. Les roses sont magnifiques à cette période de l’année. Elle se penche et essaye d’en cueillir une. Un gardien surgit et sermonne la vieille dame. Il lui montre une pancarte, ici, on ne cueille pas les fleurs. La vieille dame se relève. J’ai fait planter ces rosiers, lui dit-elle, retrouvant soudainement sa fierté impériale. 

C’est à ce moment qu’on lui présente Jean Cocteau, jeune poète en vogue, qui se souviendra dans les années 1950 de sa rencontre avec celle qui fut l’impératrice Eugénie. "Je l'ai connue au Cap Martin dans sa villa, raconte le poète. Elle avait l'air d'un vieux prêtre espagnol. Elle avait encore les yeux très maquillés, comme les femmes des courses de taureaux. Elle détestait les fleurs, elle avait une canne et avec cette canne, si elle voyait une fleur, elle la fauchait. J'étais très très jeune, jeune poète et l'impératrice a cueilli une fleur, j'ai cru qu'elle allait la piétiner. Elle me l'a mis à la boutonnière en me disant 'Je n'ai plus le pouvoir de décorer personne mais je vous décore avec cette fleur."

Eugénie pousse Napoléon III à faire la guerre à la Prusse

Née à Grenade, Eugénie ne perdra jamais son accent espagnol. Elle deveint impératrice en se mariant à Napoléon III qui avait réussi le 2 décembre 1851 son coup d’Etat. Élégante à l’hiver de sa vie, Eugénie l’est aussi dans sa jeunesse. Ses crinolines, parures et colifichets lui valent alors le surnom de "Falbala". Mais la femme ne fait pas qu’organiser des réceptions fastueuses à Paris ou à Biarritz. Elle agit aussi politiquement, se faisant l’avocate discrète et intime du camp belliciste qui pousse Napoléon III à la guerre contre la Prusse. L’empereur cède. Et c’est ainsi que pendant quelques mois, entre le 26 juillet et le 4 septembre 1870, Eugénie assure la régence, son mari étant parti sur le front de la guerre franco-prusse.


Après la défaite et la chute de l’Empire, la famille impériale fuit en Angleterre et veille sur son fils unique, seul héritier de la dynastie, qui perdra la vie en 1879 dans la guerre entre les Zoulous et les Britanniques en Afrique du Sud. Eugénie ne s’en remettra jamais. Se murant dans un silence rempli des souvenirs de la grandeur éteinte. Le 11 juillet 1920, à 94 ans, à Madrid et dans un relatif anonymat, disparaissait la dernière souveraine de France.

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