Toute dernière fois. 1987, la dernière fois où Michel Platini porte le maillot de l'équipe de France

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Tout l'été, nous revenons sur ces moments où l'histoire s'achève. Le 29 avril 1987, Michel Platini joue pour la dernière fois en équipe de France de football.

Le soleil de Guadalajara s’était couché : le Parc des Princes sonnait creux, ce 29 avril 1987. Il y avait bien un numéro 10, un maillot bleu frappé d’un coq et un brassard tricolore sur le bras droit. L’adversaire était faible. Il en fallait de la motivation pour rencontrer l’Islande après tant et tant d’exploits. Michel Platini était là, mais le cœur n’y était plus. La faute au temps qui passe, la faute aux copains qui partent, aussi :  Dominique Rocheteau, Alain Giresse, Bernard Genghini et Maxime Bossis, qui avaient quitté l’équipe de France à la fin de la Coupe du monde 1986, au Mexique. Platini ne voulait pas parti sur un échec : il fallait continuer. Qualifier la France pour le championnat d’Europe 1988. Sortir d’un groupe difficile qui sent bon la guerre froide, avec l’URSS et la RDA.

Michel Platini porte une dernière fois le maillot bleu

Personne, ou presque, ne sait qu’il entre pour la dernière fois de sa vie avec le maillot de l’équipe de France sur le dos. Que l’histoire d’amour commencée un jour de mars 1976 face à la Tchécoslovaquie s'achève. Platini n’était plus le Dieu du championnat italien en cette saison 1986-1987. Tous les regards étaient fixés vers le sud du pays, où un jeune et génial argentin conduisait Naples au titre : Maradona, le présent et le futur du football mondial. Plus au nord, dans la grisaille de Turin, Platini s’apprêtait à en être le passé. Un passé glorieux, héroïque, mythique même. Mais un passé. Un an plus tôt, Naples avait tenté d’arracher Platini à la Juve à prix d’or...

Associer les deux joueurs aurait eu de la gueule. Mais Platini avait préféré resté dans le Piémont, la région dont était originaire le père d’Aldo, son père, arrivé à Joeuf, en Lorraine, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il y était bien, à Turin, Platini. Chez lui. Il n’avait plus envie d’un nouveau défi sportif. Nancy quitté à 24 ans, Saint-Etienne à 27 ans . Non, il ne quitterait pas Turin. En tout cas, pas pour jouer au football ailleurs.

Pas de but pour sa dernière

Pour son dernier match en bleu, Platini ne marqua pas. Mais au fond, il était heureux que son dernier but en bleu fut marqué à Guadalajara, au Mexique, contre le Brésil en quart de finale de la Coupe du Monde  l’année précédente. Un sommet.
Dans un Parc des Princes silencieux, à quelques secondes du coup de sifflet final, le drapeau du juge de touche se leva. Comme un symbole, Michel Platini était hors-jeu. L’instant d’après, il sortait, tête baissée, maillot hors du short. Henri Michel, le sélectionneur de l’équipe de France savait que c’était la fin. Nous étions loin des mises en scène d’aujourd’hui. Platini sortit de l’équipe de France plus discrètement qu’il n’y était entré à vingt ans.

Quelques mois plus tard, la chose était sue de tous, commentée, pleurée, même. Michel Platini allait pour la dernière fois fouler la pelouse du vieux Stadio Communale. C’était trois semaines après le match de l’lslande, le 17 mai. Il pleuvait sur Turin. Les supporters qui étaient venus dire : "Merci Michel Platini" comme on pouvait le lire sur des dizaines de banderoles dans le stade. Occupé à distribuer des fleurs à de fidèles tifosis, Platini entra le dernier dans la pelouse détrempée.

Pour ses adieux au jeu, à l’issue du match, il avoua qu’il avait pris cette décision un an plus tôt et qu’il n’arriverait plus "à se motiver, à s’entraîner, à souffrir". Et avec son sourire enfantin, il confia :"Le plus beau jour de ma vie a été le 22 juin 1972 quand je me suis présenté à l'AS Nancy-Lorraine pour jouer au football. La boucle est bouclée, je suis parti de Nancy, un bon club dans lequel on s'est vraiment amusé, à Saint-Etienne, le meilleur club français, la Juventus le meilleur club du monde. Donc après la Juventus, il n'y avait plus rien."

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