Vers des banques plus solides après la réforme

La vulnérabilité des banques françaises est l'un des points mis en avant par l'agence Moody's qui vient de dégrader d'un cran la note de la France. Cela nous renvoie à la réforme du secteur bancaire au niveau international.

Avec, notamment, l'application des accords dits de Bâle III qui prévoient une batterie de mesures pour éviter aux banques de sombrer dans une nouvelle crise financière comme en 2007. Il s'agit d'imposer aux banques d'avoir en caisse plus d'argent qu'elles n'en prêtent. Logique en apparence mais l'affaire est beaucoup plus compliquée. Toutes les banques ont jusqu'à 2019 pour se mettre au diapason : c'est à dire disposer d'un niveau de fonds propre supérieur de près de 10% aux crédits accordés. Ce qui pose un autre problème : posséder les liquidités nécessaires. Or, avec la crise en Europe, les banques ont beaucoup de mal à trouver ces liquidités... les établissements financiers ne se prêtent plus entre eux... on est en pleine crise de confiance. Malgré cela, les banques françaises ont pris de l'avance sur les objectifs fixés... ce qui est loin d'être le cas ailleurs dans le monde.

Notamment les Etats-Unis qui ne veulent pas appliquer les accords Bâle III, comme prévu, à partir 1er janvier 2013

Officiellement, les banques d'outre-Atlantique disent qu'il leur faut plus de temps pour se préparer. En réalité, elles rechignent à appliquer ces accords pour deux raisons. D'abord, elles n'ont jamais mis en œuvre la précédente législation qui leur imposait de se réguler elles-mêmes. Il leur faudrait donc accélérer le train de réforme. Et puis, contrairement à leurs homologues européennes, les banques américaines ont moins de problèmes de liquidités. Pourquoi s'embêteraient-elles à appliquer une législation dont elles estiment ne pas avoir besoin ?!! Outre Atlantique, les banques ont ce que l'on appelle des " ratios de crédit sur dépôt " beaucoup plus faibles que chez nous. Ce ratio, c'est la différence entre volume d'argent prêté et ce qui est disponible en caisse. Avant la crise, il n'était pas rare de voir des banques françaises prêter avec un ratio de 130% (elles prêtaient beaucoup plus d'argent qu'elles n'en disposaient, les contraignant à aller se financer sur les marchés). Aux Etats-Unis, le ratio était plutôt de 90%. Le sujet fait débat... certains banquiers de la place de Paris doivent faire des bons en m'écoutant mais c'est un fait : les banques américaines sont mieux capitalisées. Donc Bâle III... elles s'en battent un peu les flancs !

Et cela peut-il retarder le mouvement en Europe ?

Il n'y a aucune raison de retarder l'application de la réforme... même si les dirigeants des banques françaises font part de certaines inquiétudes, les grands établissements de la place sont déjà prêts... les marchés leur ont imposé de se préparer sans attendre le couperet du 1er janvier.  Même si elle nous met la pression, l'agence Moody's peut être au moins rassurée sur ce point.

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