SNCF : la révolution de l'intéressement

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C'est une modification majeure, pour ne pas dire une révolution, à la SNCF : les cheminots vont bientôt pouvoir bénéficier d'un intéressement aux résultats de l'entreprise. Loin de faire l'unanimité, cette mesure suscite la polémique.

C'est un tabou qui vole en éclat. Les cheminots vont pouvoir bénéficier d'un système dont beaucoup de salariés du secteur privé profitent déjà : toucher les dividendes du bon fonctionnement de leur entreprise.

Un accord sur trois ans signé jeudi 9 juillet – sans tambours ni trompettes, et sans grève – va permettre à 150.000 cheminots de toucher environ 400 euros supplémentaires par an.

La SNCF était la dernière entreprise publique à ne pas avoir franchi le pas... c'est donc chose faite.

 

La SNCF avait, effectivement, déjà essayé de proposer de l'intéressement à ses agents mais les syndicats s'y étaient opposés. Pourquoi ça passe aujourd'hui ?

 

Il y avait eu plusieurs tentatives entre 2005 et 2011, mais la mesure s'était heurtée à l'hostilité de la CGT et de SUD-Rail qui marquaient une opposition idéologique, et y voyaient source de disparité de salaires, voire une privatisation de la Société Nationale des Chemins de Fer.

Mais le vent a tourné. La CFDT et l'UNSA, qui ont dit banco à cet accord, sont majoritaires chez SNCF Réseau (gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire). La CGT et SUD Rail auraient pu bloquer la mise en œuvre du dispositif dans l'autre filiale, SNCF Mobilités (chargée de l'exploitation commerciale des trains), mais c'eût été certainement le combat de trop à la veille des élections professionnelles qui se tiendront à l'automne.

 

Que change cet accord sur le fond ?

 

Une prime annuelle de 400 euros pour les cheminots sera la bienvenue. Cette prime sera versée à partir de juin 2016 si les objectifs 2015 sont tenus. Et puis, c'est clairement un nouveau pacte social en échange d'une incitation. Pour certains syndicats, cette mesure s'apparente à une recherche de profit aux dépens du service public. Vaste débat.

Quoi qu'il en soit, l'intéressement aux résultats, ce n'est pas de l'actionnariat salarié. Dans ce dernier cas, les salariés sont invités à prendre une participation au capital de leur entreprise. Même si elle adopte un principe cher au privé, la SNCF reste bien une entreprise publique. Elle ne fait qu'évoluer avec son temps.

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