SMIC, pas de miracle attendu le 1er janvier 2016

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Celles et ceux qui avaient encore un petit espoir vont être déçus. Le SMIC ne connaîtra pas de coup de pouce le 1er janvier prochain. Le gouvernement aurait tranché, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, devrait l’annoncer le 14 décembre prochain

Le SMIC augmentera bien mais du ‘’minimum syndical’’. Comme toujours, la revalorisation sera indexée selon un subtil calcul qui prend en compte notamment l’inflation.

La hausse serait de 0.6% contre +0.8% en janvier 2015. Concrètement, en monnaie sonnante et trébuchante, le SMIC brut horaire gagnera 6 centimes (de 9,61€ à 9,67€)… sur le mois : +9€ à 1.466, 00€ bruts.

 

 

C’est la quatrième année que le SMIC ne connaîtra pas de coup de pouce… que dit le gouvernement

 

Le gouvernement se réfère à un groupe d’économistes chargé d’émettre un avis consultatif. Leurs arguments :

 

-1/ Il n’y a pas eu de décrochage pendant la crise. Les salaires ont continué à augmenter, idem pour le SMIC

-2/ Bien que le contexte économique s’améliore, la croissance ne devrait pas dépasser 1% au cours des 2 prochaines années

-3/ Le futur restant très incertain, ce n’est pas le moment d’ajouter à l’incertitude en cherchant à accélérer dès à présent la hausse des salaires.

 

Difficile à entendre dans le contexte actuel de pouvoir d’achat très serré

 

Les Français sont encore capables de comprendre ce genre d’explication ? Difficile à comprendre, difficile à entendre. Un peu comme si le SMIC était victime de sa propre rigidité : ''indexation sur l’inflation des ménages les plus pauvres, complétée de la moitié des gains de pouvoirs d’achat du salaire horaire de base des ouvriers et des employés'' !

D’où le débat grandissant autour d’une réforme nécessaire du salaire minimum qui freine l’embauche car trop contraignant, à la base, pour les entreprises, dans un contexte de faible activité.

 

La question est taboue

 

Par quoi remplacer le salaire minimum ? Pour le salarié, il s’agirait de trouver une formule de rémunération évolutive et motivante, qui permette notamment aux jeunes peu qualifiés d’entrer sur le marché du travail plus facilement, avec des droits progressifs.

Gagner moins au début mais avoir à la certitude de disposer à terme d’un CDI mieux rémunéré. C’est l’idée du SMIC jeune qui, pourquoi pas, intégrerait une partie aide au logement pour favoriser la mobilité.

Pour l’entreprise : moins de contraintes dissuasives liées à la rémunération qui conditionne l’embauche.

Mais en France, le mot importe plus que la chose. La simple évocation de la formule ''SMIC jeune suffit'' à faire descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue.

On se souvient des manifestations de 1994 et celles contre le CPE – contrat première embauche – en 2006. Côté politique, aujourd’hui c’est chat échaudé craint l’eau froide. 

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