Rigueur, il faudra encore un autre plan

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Le Premier ministre François Fillon annoncera donc ce midi un nouveau plan de rigueur… est-ce que ca sera réellement le dernier ?

C’est la question que l’on peut se poser, effectivement ! Au mois d’août, le gouvernement annonçait un plan de rigueur et d’économie d’une ampleur de 12 milliards d’euros. Aujourd’hui, ce seront – dit on – entre 6 et 8 milliards supplémentaires pour faire face à un recul de la croissance économique qui n’était pas prévu initialement. Je ne veux pas jouer les Cassandre mais qui nous dit qu’il ne faudra pas, dans quelques mois, un autre " plan d'équilibre des finances publiques » comme on l'appelle pudiquement ? Une phrase prononcée hier lors du Grand Jury sur LCI par le ministre de l’Economie François Baroin : « la prudence est de mise sur la prévision de croissance française pour 2012 ». Traduisez : au printemps, on tablait sur 1,7% de croissance, cet automne, on est obligé de redescendre à 1%… quid pour demain ? Et bien le locataire de Bercy l’a dit clairement (mais la petite phrase semble être passée inaperçue) : « la prudence reste de mise ! ». Ce sont des mots très lourds de sens dans la bouche d'un ministre de l'économie.

Comment analysez-vous cette petite phrase ?

La barre de 1% de croissance économique en 2012 ne sera pas atteinte. L’hypothèse n’est plus exclue par certains économistes ou instituts de conjoncture (de plus en plus nombreux d’ailleurs)… auquel cas, la petite phrase de François BAROIN prend tout son sens. Si on tombe à 0.7 ou 0.8% de croissance, ce ne sont plus 8 mais 10 milliards d’euros d’économies qu’il faudra trouver rapidement (c'est ce que dit aussi le Président socialiste de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale Jérôme CAHUZAC). A qui la faute ? Notamment à l’atonie de l’économie mondiale. Si on ne prend pas les bonnes décisions maintenant, si on ne réduit pas notre train de vie aujourd’hui, on paiera le double – voire plus – demain. Cela vaut pour l’Etat, les grandes entreprises et les banques avec leurs bonus et leurs dividendes.

Tout cela pour garder notre note « TRIPLE A » et ne pas perdre la face devant les marchés ?

En grande partie oui. Mais ne focalisons pas trop sur cet objectif. Car, contrairement à ce que l’on a pu entendre ici ou là, l’agence de notation américaine n’a pas mis la France sous surveillance négative. Elle a simplement rappelé que, dans le contexte économique actuel, tout est possible et que la note AAA dont bénéficie la France n’est pas inscrite dans le marbre. Mieux : quand on ouvre le rapport, on lit que MOODY’S souligne les efforts faits par Paris pour maîtriser la situation. Exemple (qui n’est pas à mettre au crédit de la seule équipe au pouvoir aujourd’hui) : la charge des intérêts de la dette française, c’est à dire le poids de l’argent que l’on emprunte pour rembourser notre passif, est stable depuis… 15 ans. Je ne dis pas que tout est rose, loin de là, la situation appelle des réformes structurelles. C'est la période que nous vivons actuellement.

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