Renforcer les entreprises à l'export par la compétitivité

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Le gouvernement prépare un plan d'action pour la compétitivité à l'export des entreprises françaises ! La ministre déléguée au Commerce extérieure Nicole Bricq, et celui de l'Economie, Pierre Moscovici, ont commencé à déflorer le sujet. Cette annonce est loin d'être anodine en cette rentrée à forte tonalité économique.

On peut même parler de moment stratégique ! Ce matin
est présenté en Conseil des ministres le projet de loi sur les emplois d'avenir
destinés aux jeunes en difficultés... (un projet contesté par les milieux
patronaux en raison de leur caractère trop public de part leur financement et
leur affectation). Et puis, surtout, alors que s'ouvre dans quelques heures en
région parisienne l'Université d'été du MEDEF. La grand messe annuelle des
patrons français pour laquelle Matignon a décidé de déployer l'artillerie
lourde : outre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui ouvrira les
travaux cet après-midi, pas moins de 9 membres du gouvernement socialiste feront
le déplacement de Jouy-en-Josas d'ici vendredi. Plus qu'une opération de
communication, Matignon (et plus encore l'Elysée) veulent envoyer des signaux
précis au moment où ils sont accusés d'immobilisme.

Concrètement, que proposent Nicole Bricq et Pierre Moscovici ?

La France accuse un déficit commercial trop lourd (70
milliards pour la seule année 2011). On importe beaucoup plus que l'on exporte.
Depuis 2008, notre part de marché dans le commerce mondial a fondu d'environ
20%. Les deux ministres proposent de résorber ce déficit sur une période de
cinq ans (hors coûts de l'énergie). Ils veulent réorganiser les instruments
publics pour accompagner les entreprises. Suivre de plus près les grands
contrats ; optimiser à l'export les filières stratégiques en mobilisant
les régions ; réviser les systèmes de financement des exportations
françaises et les mettre au niveau de ceux dont bénéficient nos concurrents allemands,
américains ou japonais.

Ce débat sur la compétitivité de nos entreprises, c'est un
peu comme la lutte contre le chômage : les gouvernements successifs tentent
toujours de faire mieux, sans vraiment y parvenir !

Pourquoi nos entreprises ont du mal à vendre leur produits à
l'étranger ? Deux explications structurelles au premier rang desquelles la
qualité. La France fabrique des produits industriels de milieu de gamme (c'est
ce que l'on appelle la compétitivité " hors prix "). Les Allemands,
eux, exportent très facilement par exemple leurs machines-outils car elles sont
réputées de qualité, solides. La deuxième explication, c'est la " compétitivité
coûts ", autrement dit : le coût du travail. Et les deux se
rejoignent : difficile de vendre des produits à la fois de milieu de gamme
et plus chers à cause des charges.

Si on s'arrête sur ce que vous appelez la compétitivité
" hors prix " (qui concerne donc la QUALITE du produit)... sur quels
leviers peut-on agir pour être efficace ?

La réponse tient en deux mots : recherche et
innovation. La première décision concrète serait en effet de renforcer les
dispositifs existants. Une meilleure fiscalité, des incitations plus fortes...
c'est ce que pense la ministre Nicole BRICQ tout en avouant – mais sans aller
plus loin sur la question – qu'il y a peut-être, aussi, un problème au niveau
des charges sociales. Voilà des ingrédients simples pour replacer nos entreprises
dans la mondialisation, ce que Pierre Moscovici appelle " la diplomatie
économique " : renforcer notre intégration internationale au bénéfice
de nos entreprises et de l'emploi, pousser plus loin l'avantage de la France dans
la mondialisation. On attend la réaction de son collègue Arnaud Montebourg.

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