Renforcer la gouvernance économique de l'Europe

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Les urnes européennes ont parlé. Les résultats du scrutin constituent un électrochoc dont il convient désormais de tirer toutes les conclusions. La question de la gouvernance économique est clairement posée.

La crise a pesé de tout son poids dans ces élections. Jamais campagne électorale n’aura été autant imprégnée de questions économiques. La crise a nourri les discours des candidats de tous bords. On a assisté ces dernières semaines à un véritable concours Lépine des solutions et des arguments : de la nécessaire sortie de l’euro à l’euro grand sauveur, en passant par l’Europe destructrice d’emplois, l’Europe passoire économique, l’Europe des banquiers avides de gros sous… etc.

Les dernières élections européennes ont eu lieu en 2009, nous étions alors au début de la crise. Nous sommes en 2014, cinq ans après. Le mandat qui vient de s’achever a été celui de la pire période économique de l’Europe depuis sa création. Le message des électeurs est très clair : ils ont identifié les problèmes et les grandes têtes de listes. Aux élus de prouver aux citoyens européens qu’ils sont au cœur de leurs préoccupations.

Gouvernance économique de l’Europe. Quelles sont les grandes options possibles ?

Deux options : soit la ‘’renationalisation’’ des pays (au sens du retour aux entités nationales), soit le fédéralisme (la gestion commune par grandes régions). Option un : la renationalisation des Etats ou la considération des souhaits de chaque pays. Impossibilité de trouver des solutions communes, la zone euro éclate, retour au point de départ, aux monnaies nationales et aux guerres fratricides dans lesquelles chacun s’étripe pour vendre ses produits moins chers à l’étranger. Option deux : le fédéralisme : considérer des solutions communes sans nier la souveraineté des Etats mais en jouant collectif.

Mutualiser, mettre en commun, les grandes décisions pour assurer la stabilité et éviter les distorsions comme aujourd’hui. Exemples ? Un pacte social avec à la clef la fin de la galère pour les travailleurs détachés. Un pacte fiscal pour éviter la concurrence par la baisse des impôts – est-il normal que les taux d’imposition des entreprises varient du simple au double (à peine 15% en Irlande, 35% en France) ?  Les exemples sont légion.

C'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour l'Europe ?

Si l'électrochoc politique ne sert à rien, c'est inquiétant. Jusqu’à présent, l’Europe n’a pas été celle de la croissance et de l’emploi mais celle de la libéralisation des secteurs, des échanges, et des moyens de la faire aboutir à travers la gestion des règles de concurrence. Désormais, Bruxelles va devoir gérer la croissance, l’emploi, les règles sociales, les règles fiscales… ce qu’elle n’a pas fait jusqu’à présent, ou très mal.

Doit-on attendre une réaction particulière des marchés financiers au lendemain de ces élections ?

Le problème des marchés ne vas pas être l’Europe mais la manière dont la France va gérer. Les marchés avaient anticipé cette poussée des extrêmes, ils ne devraient donc pas réagir à outrance. Reste les taux d'intérêt auxquels nous remboursons notre dette. Pour l'instant, nous bénéficions de conditions favorables. Les opérateurs n'ont pas intérêt à nous attaquer, du moins pour l'instant. Finalement, les citoyens européens ont voté comme les marchés : pour le changement, pour plus de gouvernance. On y est. Il faut maintenant aller de l'avant.