Relations entre les entreprises : les retards de paiement explosent

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C’est l’un des fléaux de l’économie française qui met en danger chaque année des milliers de petites entreprises : les retards de paiement des grands groupes à leurs fournisseurs. De nouveaux chiffres viennent d’être communiqués et sont pour le moins alarmants

Ce sont les données communiquées par le baromètre trimestriel établi par le cabinet Altarès et la Médiation inter-entreprises. Ces chiffres donnent le tournis.

Les enquêteurs ont épluché 211 millions de factures auprès des 120 plus grandes entreprises donneuses d’ordre. Bilan : le montant des retards de paiement aux fournisseurs approche les 4 milliards d’euros. Autant d’argent en moins dans les caisses des PME… du jamais vu depuis dix ans.

Les entreprises françaises sont plus mauvaises payeuses que leurs concurrentes européennes. Neuf entreprises de taille intermédiaire et grandes entreprises françaises sur dix règlent leurs fournisseurs avec retard, contre seulement quatre sur dix en Allemagne, par exemple. Sans compter avec les collectivités locales qui ont, elles aussi, leur part de responsabilité.

 

Peut-on réellement chiffrer l’impact de ces retards sur la santé des entreprises ?

 

En 2014, sur les 63.000 entreprises qui ont déposé le bilan, entre 20 et 30% l’ont fait en raison des factures impayées dans les temps. Les PME et TPE sont de plus en plus, en quelque sorte, les banquiers des grandes entreprises.

Les plus touchées sont les PME qui sont très dépendantes de leur trésorerie

 

Que faire pour inverser la machine ?

 

La Loi de Modernisation de l’Economie (la LME) votée en 2008 plafonne les délais de paiement à 45 jours fin de mois (ou 60 jours à compter de la date d’émission de la facture). Force est de constater que les règles ne sont toujours pas respectées puisque le phénomène s’aggrave.

Le Médiateur inter-entreprises, Pierre Pelouzet, publie régulièrement ces chiffres pour faire changer les comportements. Mais avant de se tourner vers l’Etat, c’est d’abord aux grands patrons et directeurs financiers ou directeurs d’achat d’arrêter de recourir à des subterfuges administratifs comme ils le font encore trop souvent.

Un exemple : beaucoup de grands groupes profitent du CICE pour faire pression sur leurs petits fournisseurs en invoquant les baisses de charges dont ces derniers bénéficient.

Déloyal, mais surtout dangereux pour la compétitivité de l’économie française.

 

 

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