Régimes spéciaux : négocier, mais sur quoi ?

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Y aura-t-il un compromis possible sur la réforme des régimes spéciaux ? Le bras de fer gouvernement syndicats s’annonce très dur. « Ma porte reste ouverte », dit le ministre du Travail Xavier Bertrand. Mais pour Bernard Thibault, «le gouvernement doit changer le cadre de sa réforme ». Avec la mobilisation d’aujourd’hui, comment pourrait-on sortir du blocage ?

80% de « Oui » pour le recul du départ en retraite ! Vous ne rêvez pas. Ca vient de se passer en Italie lors d’une consultation par référendum de 5 millions de salariés. Sauf énorme cataclysme : le gouvernement ne renoncera pas au principe clé de la réforme : l’allongement de la durée de cotisation des 500 000 salariés des régimes spéciaux. Il est à l’œuvre partout en Europe, pour tout le monde. « Si nous lâchions, alors le quinquennat de Nicolas Sarkozy serait terminé », confiait en privé il y a quelques jours un membre du gouvernement. Manière de dire que toute autre réforme deviendrait impossible. Or ce qui se joue, c’est aussi la prochaine étape, celle qui doit concerner en 2008 l’ensemble des salariés, cette fois 25 millions d’actifs dont la durée de cotisation doit passer à 41 ans. Mais quand on regarde tout ce qui est sur la table, il y a toute une série de points sur lesquels il y a des marges de négociation : la décote ou la surcote, c’est-à-dire pour simplifier le système de bonus-malus des pensions selon que l’on cotise en deça ou au-delà des annuités nécessaires, les bonifications en fonction de la spécificité des métiers, de leur pénibilité, ou encore la prise en compte des situations de famille. Ce sont des variables importantes.

Mais Bernard Thibault n’a-t-il pas réaffirmé hier son hostilité au cadre général de la réforme ?

C’est normal avant la grève. Mais notez qu’il ne rejette pas l’idée d’ « harmonisation » des régimes. Il ne faut pas oublier que lors de la réforme de 2003 sur les fonctionnaires, l’accord a pu se faire grâce à des concessions du gouvernement sur les modalités. Des avantages liés à la spécificité des métiers ont été prévus pour les policiers, les gardiens de prison, les infirmiers… La signature de la CFDT a été obtenue grâce à la possibilité donnée à ceux qui ont commencé à travailler très jeune de partir plus tôt à la retraite. D’ailleurs, 400 000 personnes en ont profité, au point qu’il a aggravé fortement les comptes de l’assurance vieillesse. Il va être revu. Hormis le passage des 37 et demi à 40 ans, les choses sont ouvertes sur toutes les autres clauses. Même si ça limite la portée financière de la réforme. Car ce qui importe pour le gouvernement, c’est de franchir un obstacle symbolique.

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