Référendum surprise sur la crise grecque

Le Premier ministre grec George Papandréou a pris tout le monde par surprise, en décidant de soumettre à référendum l'accord européen sur l'effacement de la dette de son pays. Sa décision s'annonce lourde de conséquences pour la zone euro.

La première conséquence de cette décision de George Papandréou est le vent de panique sur les bourses européennes, qui plongent littéralement : -3,2% à Paris, -3,6% à Madrid, moins 4% à Milan, tandis qu'Athenes s'effrondre de plus de 6%. Et ce sont les valeurs bancaires qui s'enfoncent le plus : la Société Générale perdait plus de 12% à l' ouverture, le Crédit agricole et BNP Paribas reculent de plus de 10%.

Pour les marchés financiers, l'annonce de ce référendum est très clairement une remise en cause de l'accord obtenu de haute lutte la semaine dernière à Bruxelles.
Accord qui prevoit l'effacement de la moitié de la dette grecque détenue par les banques (soit 100 milliards d'euros), la recapitalisation des établissements bancaires et le renforcement du FESF. Ce plan devait sauver la Grèce de la faillite en ramenant sa dette, à l'origine de 350 milliards, à un niveau soutenable.

Sauf que, si finalement cet accord n'est pas appliqué, aux yeux des investisseurs, cela veut dire que le défaut de paiement et la sortie de la Grèce de la zone euro se précisent. C'est exactement ce que les dirigeants européens cherchent à éviter depuis deux ans.  Pour l'Europe, cela sonne comme un aveu d'échec.

La remise en cause de l'accord de Bruxelles menace aussi directement les banques fragilisées par la crise de la dette, et qui doivent etre recapitalisées. D'où leur chute libre aujourd'hui sur les places boursières. Car l'objectif du plan établi la semaine dernière était avant tout de rassurer les marchés financiers sur la capacité de l'Union Européenne à éviter une contagion de la crise de la dette.

Les conséquences de la décision d'Athènes dépassent largement les frontières grecques. Si le Premier ministre George Papandréou a fait le choix de recourir à un référendum, c'est pour des raisons politiques internes : parce que les Grecs assimilent le plan de Bruxelles à une perte de souveraineté puisqu'il prévoit un contrôle renforcé de la politique budgétaire du pays, qui en est déjà à son deuxième plan d'austérité.

On ne sait pas quel sera le résultat de la consultation électorale en Grèce. Mais c'est tout le plan construit au terme de longues négociations la semaine dernière qui est remis en question. Car l'organisation même du référendum risque de reculer, de retarder l'application des décisions prises à Bruxelles. A commencer par le reforcement du FESF. Il y avait déjà des doutes depuis quelques jours sur son financement - on a beaucoup parlé de la Chine, mais les Chinois voudront-ils participer à ce fonds dans ces nouvelles conditions ?

Or ce FESF est la structure qui doit servir de rempart contre la contagion de la crise de la dette, en soutenant les autres pays fragilisés de la zone euro : l'Espagne et surtout l'Italie. On l'impression aujourd'hui que tout cet édifice très complexe est en train de s'effondrer. Les dirigeants de la zone euro croyaient avoir fait un pas décisif. Nicolas Sarkozy disait jeudi dernier que la Grèce était sauvée. Ce matin, tout ou presque semble à refaire.

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