Recapitalisation des banques, acte I, scène 1

Depuis le temps que l’on en parle, la recapitalisation des banques ne devrait plus tarder.

Toutes les conditions sont désormais réunies et le Président de la Commission européenne José MANUEL-BARROSO annoncera dès aujourd’hui des propositions pour mener à bien cette recapitalisation. Tout le monde est conscient qu’il faut faire vite. Il y a le feu à la maison Europe mais l’incendie est encore maîtrisable… à condition de passer outre les désaccords sur le contenu de la boîte à outils. C’est chose faite depuis le week-end dernier et l'accord, de façade ou pas, entre le Président Français Nicolas SARKOZY et la chancelière allemande Angela MERKEL. Enfin, last but not least : le ministre des Affaires étrangères Alain JUPPE a annoncé hier à l’Assemblée nationale que les banques françaises acceptaient d'enclencher le mouvement en devançant les objectifs fixés par les accords de Bâle III destinés à renforcer leurs fonds propres.

Pourquoi cette résignation des banques… elles qui étaient hostiles à tout plan de recapitalisation il y à quelques jours encore ?

Il faut sortir de la seringue. La pression politique est trop forte… les banques ne veulent pas porter le chapeau d’une éventuelle explosion de la finance européenne et surtout, en pâtir, car la situation économique s’est nettement dégradée cet été. Et puis, je rappelle cette phrase prononcée par le Président de l’Eurogroupe Jean-Claude JUNCKER que j'évoquais dès hier matin sur France Info : la dette de la Grèce pourrait subir une décote supérieure à 50%... mauvaise nouvelle pour les détenteurs de la dette hellène.

Quelle forme pourrait prendre cette recapitalisation ?

Et bien ce sera un mélange de volontarisme et d’interventionnisme. Volontarisme des banques qui, je le disais, ont accepté dès hier d’accélérer l’application des accords de Bâle III qui prévoient de renforcer leurs ratios de solvabilité (de 7% prévus en 2013, on va passer à 9%). Et puis interventionnisme à 2 niveaux… les pouvoirs publics entendent pousser les banques à utiliser leurs profits pour se protéger elles-mêmes (traduisez : les économies serviront de matelas de secours si besoin)... enfin, si toutes ces mesures préventives ne suffisent pas, les caisses de l’Etat (c’est à dire le contribuable : vous et moi) seront là pour faire la différence. Je vous fiche mon billet (si je puis dire) que l’on va savoir TRES rapidement à quoi s’en tenir... qu'on se le dise : ne pas intervenir maintenant nous coûterait - plus tard - beaucoup plus cher !

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