Quel avenir pour Findus ?

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

La guerre industrielle dans le secteur agro-alimentaire passe par les plats surgelés. Deux prétendants sont sur les rangs pour racheter le groupe Findus. Avant une rencontre au ministère du Travail prévue vendredi, une réunion exceptionnelle du comité central d’entreprise se tient ce jeudi 4 juin en région parisienne. Elle pourrait être cruciale.

On pourrait en effet être fixés sur la reprise. Le premier acheteur à s’être manifesté est le fond français Florac, le second est le fond anglo-américain Nomad basé dans les îles vierges britanniques... c'est lui qui tiendrait la corde.

Les salariés de Findus craignent particulièrement que l’usine implantée à Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais – 200 salariés – disparaisse à l’aune de ce rachat par le principal concurrent de Findus en Europe, Nomad, maison-mère d’Iglo, connu pour sa marque Captain Iglo.

 

Qu’est-ce qui imposerait un tel scénario ?

 

L’usine dont il est question fait partie de Findus Group, leader européen du marché du surgelé, présent aussi en Scandinavie, en Grande-Bretagne et en Espagne, avec un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros et plus de 6.000 salariés.

C’est cet ensemble qui serait vendu à la découpe, par appartements. L’usine de Boulogne est ainsi devenue l’emblème de la lutte : celle de la petite unité de production prise dans le puissant tourbillon de l’industrie agro-alimentaire.

 

Rappel du meccano industriel

 

En 2012, Findus passe sous le contrôle de deux banques dont JP Morgan et le fonds d’investissement Lion Capital. A l’époque, la marque Iglo avait tenté de racheter Findus mais s’était cassé les dents sur le prix trop élevé.

Depuis, Iglo a été repris par Nomad qui veut aujourd’hui lui-même, tel un ogre à l’appétit insatiable, avaler Findus pour renforcer son offre sur le marché européen.

 

D’où l’inquiétude des salariés d’être croqués

 

Comme le dit un syndicaliste maison : ‘’être de nouveau vendu en soit n’est pas le problème, on l’est en moyenne tous les quatre ou cinq ans ’’. Ce qui inquiète cette fois, c’est la perspective d’un transfert de la production de l’usine boulonnaise vers un site allemand du futur propriétaire.

Nous avons là un cas d’école : les conséquences économiques et sociales d’un mouvement de concentration dans un secteur contraint de se réorganiser pour augmenter sa rentabilité.

Boulogne-sur-Mer risque d’en faire les frais. 200 salariés, ce sont 400 familles avec les sous-traitants dans une ville déjà minée par le chômage… mais qui ne l’empêchera pas de rester le premier port européen de transformation des produits de la mer.

Vous êtes à nouveau en ligne