Quand les mutuelles banquent

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En cette période de crise et de rigueur, à chaque jour son bouc émissaire... après les banques, voici les mutuelles... elles sont de plus en plus la cible du gouvernement !

Et oui leur situation financière présentée comme plutôt florissante suscite les convoitises... le sujet s'est invité au congrès de la CSMF, le syndicat des médecins libéraux, ce week-end à Cannes. Le débat porte sur la contribution croissante des mutuelles dans le dispositif de soins. On les savait déjà l'objet d'une taxe supplémentaire de 3 et demi% prévue par le plan rigueur de François FILLON... voilà qu'elles vont être mises à contribution pour prendre en charge une partie des honoraires des médecins.

Le ministre de la Santé, Xavier BERTRAND, a fait monter la pression ce week-end...

La nouvelle convention médicale, qui instaure notamment le principe des primes à la performance pour les docteurs est parue hier au Journal Officiel... au même moment, devant les praticiens libéraux, Xavier BERTRAND a enjoint les mutuelles de trouver un accord avec l'Assurance maladie pour prendre en charge une partie de ces dépassements d'honoraires. Les complémentaires devront prendre en charge une partie de ces dépassements... elles ont jusqu’au 30 sept pour signer mais, évidemment, elles renâclent, et une réunion de la dernière chance pourrait se tenir le jour J, le 30 de ce mois.

L’idée serait de taxer les réserves « excessives » de certaines mutuelles… le tout est de savoir ce que l'on entend par "excessives" !

Les mutuelles s'estiment trop lourdement ponctionnées... pourtant, on dit qu'elles sont assises sur un tas d’or. Le mot en question, c'est le député UMP du Nord Sébastien HUYGUES qui l'emploie... dans un entretien au journal le Parisien hier, l'élu nordiste appelait à créer un ISF sur leurs réserves "excessives". Pour garantir leur solvabilité, les mutuelles sont contraintes par la réglementation de provisionner 17% des cotisations... pour investir, cette marge peut atteindre 300%... seuil au-delà duquel les réserves sont considérées comme "excessives". Or, aujourd'hui, les fameuses réserves montent jusqu'à 500, 600, voire plus de 700% pour certains établissements. Il y a donc du grain à moudre aux yeux du gouvernement qui n'entend pas laisser ce pactole intact. La prochaine étape devrait être le dépôt d'un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour contraindre les mutuelles à ouvrir leur coffre... après la taxe de 3 et demi%, un nouveau chantier est ouvert... les complémentaires santé vont devoir batailler ferme pour passer un hiver tranquille.

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