Présidentielle 2012, les marchés financiers en campagne

Six jours nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle et une question alimente le débat : faut-il craindre les marchés financiers ?

A chaque scrutin ses fantasmes : à en croire les différents candidats, la spéculation véhiculée par les ‘’grands démons libéraux’’ en 2012 succèderaient aux blindés soviétiques que l'on attendait sur la place de la Concorde au lendemain de l'élection de François Mitterrand en 1981. Si, à l'époque, les chars sont restés à Moscou, il est vrai que cette fois les marchés sont à l’affut et les spéculateurs guettent. La France emboiterait-elle le pas à l'Italie et l'Espagne qui viennent de retomber en disgrâce auprès des investisseurs ?  Le risque existe mais l'écueil est contournable.

La fébrilité ambiante vous semble donc injustifiée ?

Les marchés financiers n’ont que faire de la couleur politique de tel ou tel chef d’Etat. Les opérateurs attendent du prochain locataire de l’Elysée un programme clair et précis de maîtrise des dépenses publiques et de réduction de l’endettement. Pour l’instant, nous n’en sommes qu’aux engagements de campagne… sur le plan factuel, à quelques nuances près, chaque programme est effectivement vertueux… reste à savoir ce que cela donnera dans les faits. Tous les candidats le savent : ils sont observés de très prêt et la pire erreur serait de crier avec les loups. François Hollande a choisi sa tactique… invité de France Info ce matin, il l’a d’ailleurs rappelé au micro de Raphaëlle DUCHEMIN : selon lui, l'agence de notation Moody's décidera ou non de dégrader la note de la France entre le 12 et le 16 mai prochain, soit une semaine à peine après l'élection du nouveau Président. François HOLANDE allume ainsi un contre-feu : si je suis élu et que la sanction tombe, je vous aurai prévenu, ça ne sera pas de ma faute. Tactique politique certes… mais peu encline, selon les observateurs, à convaincre les marchés de la fiabilité du candidat qui donne ainsi le sentiment de se dédouaner avant même d’agir.

Si spéculation il doit y avoir, quand serait-elle lancée ?

Première hypothèse : les marchés passent rapidement à l'action. Seconde hypothèse : ils attendent les élections législatives du mois de juin pour connaître le réel équilibre politique du pays. Quoi qu'il en soit, les fameux cent jours d'état de grâce dont est censé bénéficier tout nouveau gouvernement pourraient voler en éclat. Il n'est pas trop tard pour bien faire... mais, surtout ne crions pas avec - voire avant - les loups... les conséquences n'en seraient que plus  désastreuses. Pour l’heure, la France, n’est pas attaquée… mais si le mouvement s’inverse, la défiance des marchés gagnerait très vite d’autres pays en passant par l’Allemagne… et dans le contexte actuel de crise, c’est l’ensemble de l’Europe qui serait durablement constipée.

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