Présidentielle 2012 : les clivages économiques se renforcent

Nous sommes à cent jours de l’élection présidentielle. Y voit-on plus clair dans les programmes économiques des différents candidats ?

D'abord, un mot du Front National qui présentait justement hier – veille du Jour "J-100" – le chiffrage de son projet présidentiel. Si les derniers sondages montrent que les idées du parti nationaliste se banalisent en France, on peut dire que son programme économique, lui, n’est pas banal. Loin d’être anodin, il n’est pas du tout indolore. Je ne raviverai pas le sempiternel débat sur ce que coûterait à l’industrie française et à nos finances publiques l’abandon de l’euro… mais c’est vrai, le programme économique de Marine Le Pen est, à ce jour, le plus étayé… facile quand on n'est pas aux affaires.

Qu’en est-il du côté des grands Etats-majors ?

A droite comme à gauche, les programmes sont loin d'être arrêtés. Dans le camp de la majorité présidentielle, c’est l’annonce de projets de réformes pratiquement tous les jours, au risque de donner l'impression de prendre enfin la mesure des réformes à entreprendre. A gauche, on l’a vu ces derniers jours, c’est le cafouillage autour de questions sensibles qui concernent à la fois les classes supérieures et les classes moyennes (une partie de son électorat), avec la réforme du quotient familial par exemple. La fiscalité sera le principal point de clivage de 2012 avec une gauche conditionnée par la plateforme PS-Verts. Jamais probablement depuis près de 20 ans on a vu émerger un tel contraste, exceptées les 35 heures en 1997 et, beaucoup plus loin, en 1984, la restructuration du secteur productif avec un Premier ministre Laurent FABIUS libéral au point d’enchanter les milieux patronaux.

Sur le fond, en quoi la campagne pour la présidentielle de 2012 est-elle différente des précédentes ?

En 2007, la croissance économique mondiale laissait plus de marges de manœuvres. Mais la crise est très vite arrivée (2008/2009) avec le rappel à l’ordre des marchés financiers. Aujourd'hui, aucun présidentiable n’est épargné par les réalités de plus en plus pressantes de l’économie mondiale (dette publique, compétitivité des entreprises et environnement post-Fukushima). Sur le plan intérieur, trois exigences ont émergé : remédier à la précarité des Français de plus en plus évidente ; gérer les relations intergénérationnelles avec à la clef l’emploi des jeunes, enfin : la nécessaire rapidité d’action. Les cent premiers jours du prochain Président de la République – de droite comme de gauche – seront à l’image des cent jours qui s’ouvrent aujourd’hui.

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