Pier Augé, chronique d'un coup de jeune

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Direction Châteauroux, dans l'Indre, sur le site de Pier Augé. L'entreprise de cosmétique, au bord de la faillite il y a deux ans, a été reprise avec succès par une mère et sa fille. "Jamais je n'aurais imaginé reprendre une entreprise qui allait mal ! Jamais je n'aurais imaginé travailler avec ma mère !", s'amuse aujourd'hui Marine Michaud.

L'aventure débute en 2011, sur un coup de tête. La jeune
femme, en vacances dans l'Indre, lit dans le quotidien local un article sur
Pier Augé, alors en plan de sauvegarde. "J'ai appelé ma mère et lui ai
demandé : Est-ce qu'on peut s'intéresser au dossier ?",
se souvient-elle.
Et finalement, j'ai presque été embêtée quand elle m'a dit oui ! Je me suis dit
: dans quoi je me suis embarquée...". 

Toutes deux portent lunettes ovales et cheveux courts, mais
à chacune ses compétences : Marine Michaud, la fille, est ingénieur en
cosmétologie, Christine Vallin, la mère, a été directrice financière dans des
groupes internationaux. Ensemble, elles redressent la marque de produits de
beauté. En deux ans, le chiffre d'affaires bondit de 40%. Onze salariés sont
embauchés. Ils sont désormais 44. Le tout en maintenant le site de Pier Augé à
Châteauroux où il est implanté depuis 1967.

Se tourner vers l'étranger

Le pari semblait pourtant loin d'être gagné. Au moment de la
reprise, la France traverse une crise. Qu'importe ! Christine Vallin se tourne
vers l'étranger : "l'Asie et l'Afrique ont été nos axes de développement.
En Afrique du Sud, en un an, on a ouvert 47 points de ventes." 
Aujourd'hui,
les 2/3 des ventes se font à l'export.

Et à l'étranger Pier Augé joue la carte de la marque
française. Presque tout est made in France , expliquent les deux femmes : "On
a fait le choix de s'approvisionner au maximum pour les ingrédients auprès de
fournisseurs français, et pour les tubes, les pots, les flacons, nous avons
ramené les fabrications en France, par souci de qualité"

Rajeunir sa clientèle

En France pourtant, Pier Augé cherche encore à rajeunir sa
clientèle, car les derniers succès remontent aux années 80. "Lorsqu'on
a repris, c'était une marque de grand-mère",
reconnaît Marine Michaud . "C'était
des personnes de plus de 60 ans qui l'utilisaient. Nous avons eu besoin de
dépoussiérer la marque."

Aller chercher les clientes sur internet, en institut de
beauté, en pharmacie... Et tant pis si le contexte est difficile en France. Il
faut être inventif, explique Christine Vallin à ses salariés, avec une
formule bien à elle : "N'oubliez jamais que nous sommes pauvres ! Quand
vous passez ce message, on fait des miracles : les gens deviennent très
astucieux". 

Optimistes mais prudentes, mère et fille refusent de crier
victoire. Pier Augé va mieux. Mais il faut maintenant consolider. Trois
nouveaux produits doivent sortir l'an prochain.