Oui allemand au FESF : l'Europe répond aux Etat-Unis

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En Allemagne, le Parlement a donc donné hier son feu vert au renforcement du Fonds Européen de Stabilité Financière… la crise des dettes souveraines en Europe est-elle réglée pour autant ?

Cela n’étonnera personne si je vous dis non. En revanche, sans faire preuve d’un optimisme béat, on peut dire que l’aval donné par le Bundestag à l’élargissement du FESF est une victoire dont les effets vont se traduire concrètement sur plusieurs fronts, et pas seulement celui de la crise grecque. En gros, l’élargissement des prérogatives du Fonds européen de stabilité financière c’est une plus grande capacité d’action pour prévenir les soucis dès qu’ils naissent, en amont. Et puis cela va permettre à la Banque Centrale Européenne de souffler un peu… elle qui, avec Jean-Claude TRICHET à sa tête, n’a ménagé ni efforts, ni deniers, pour que l’Europe puisse continuer à tenir sur ses pates. Enfin, c'est un signe de la volonté des partenaires européens de juguler la crise, coupant court à toutes les rumeurs d'éclatement de la zone euro. La chancelière allemande Angela MERKEL l'a emporté haut la main face à une opinion hostile (je rappelle que le contribuable allemand supporte à lui seul 211 milliards d'euros des garanties du fonds sur un total de 440 milliards).

Tout le monde ne partage pas ce point de vue... les investisseurs en premier lieu.
C'est vrai que l'Europe n'est pas sortie d'affaire pour autant... si Chypre et l'Estonie ont emboîté le pas à l'Allemagne en adoptant le texte, sur les 17 pays membres de la zone euro, 4 doivent encore avaliser l'élargissement du fonds de solidarité : l'Autriche, Malte, les Pays-Bas et la Slovaquie. Et puis certains investisseur continuent de parier sur un défaut de la Grèce... ils estiment que des mesures supplémentaires autrement plus importantes seront nécessaires pour éviter une propagation de la crise.

N’est-ce pas aussi une réponse aux récentes critiques des Etats-Unis ?

Oh que si… et c'est peut-être la leçon principale : le secrétaire d'Etat américain Timothy GEITHNER, suivi par Barack OBAMA, hier estimaient que les européens étaient incapables d'endiguer la crise en ne prenant pas les mesures appropriées. L'Europe est en train de montrer qu'elle sait se serrer les coudes pour faire face aux difficultés... OBAMA ne peut pas en dire autant avec ses troupes pour ce qui concerne la crise aux Etats-Unis. Depuis hier, la Grèce ne peut plus être considérée comme l’arbre qui cache la forêt des problèmes économiques du continent américain.

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