Nouveaux accords salariaux en Allemagne : un exemple de dialogue social ?

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Jeudi 19 mai, nouvelle journée de mobilisation en France contre la loi Travail et pour diverses autres revendications notamment chez les cheminots. L’Allemagne sort, elle aussi, d’une période de grèves qui, visiblement, a été utile sur le front salarial.

Certains jours, on a l’impression d’une Europe à deux vitesses : celle d’un pays – la France – où le dialogue social patine et fait descendre des centaines de milliers de personnes dans les rues à plusieurs jours d’intervalles, d’autres pays – l’Allemagne – dans lesquels le même dialogue semble plus fluide avec des résultats à la clef.

Même si comparaison n’est pas raison, il est intéressant de regarder ce qu’il se passe ailleurs en Europe.

Plusieurs fédérations syndicales allemandes ont signé des accords ces dernières semaines et ces derniers jours

Fin avril, les salariés de la fonction publique ont décroché une hausse de 2 et demi% des salaires cette année ; ceux de l’hôtellerie en Bavière ont négocié 3% de plus à partir du 1er mai ; l’industrie du bois, une augmentation de 2%.

En fin de semaine dernière, près de 4 millions de métallos ont décroché une hausse de salaires proche de 5% d’ici fin 2017, et pas plus tard qu’hier, le BTP est entré dans la danse. Les 750.000 salariés du secteur vont voir leurs émoluments grimper de 5% sur deux ans.

Cette liste donne le ton. Que cela soit dans la puissante sidérurgie ou les autres secteurs, ces accords laissent augurer une nouvelle année de hausses de salaires conséquentes dans la première économie européenne.

Pourquoi cela semble plus facile outre-Rhin ?

 D’abord, les conditions du dialogue social y sont pour beaucoup : plus fluides, moins de conflits durs et systématiques. En Allemagne, les augmentations de salaires sont progressives et non immédiates, ce qui évite le coup de bambou pour les employeurs.

L’Allemagne n’a pas été épargnée non plus par les grèves dans les aéroports, les hôpitaux, différents services publics. Seulement voilà, le pays est redevenu le moteur de la croissance de la zone euro. Son P.I.B. a plus que doublé au 1er trimestre (+0.7%), les dépenses des ménages ont en grande partie comblé le repli du commerce extérieur.

Ces hausses de salaires sont aussi le fruit du plein emploi que retrouve progressivement l’Allemagne grâce, entre autres, au salaire minimum instauré en 2014.

 

Le plein emploi renforce le pouvoir de négociation des syndicats en Allemagne

 Jusqu’en 2014, l’Allemagne a connu une stricte modération salariale alors qu'en France – le ressenti des ménages fut tout autre mais les chiffres de l’INSEE confirment : les salaires n’ont jamais cessé d’augmenter car en partie indexés sur l'inflation. Le problème est que la productivité n’a pas suivi et les marges des entreprises se sont détériorées. Le pacte de stabilité inverse progressivement la tendance mais l’Allemagne a pris une longueur d’avance.

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