Musique sur internet : la révolution économique Beyoncé

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Avec un million d'albums vendus sur internet en six jours, la chanteuse américaine Beyoncé vient de battre tous les records. Plus qu'une simple aventure musicale, c'est un nouveau modèle économique qui s'impose.

Beyoncé, la vedette américaine du RN'B. On aime ou on n'aime pas, le débat n'est pas là. Si j'ai choisi de vous parler de cette chanteuse ce matin, c'est pour le carton qu'elle vient de faire sur internet et le modèle économique qu'elle est en train d'installer. Vendredi dernier - il y a tout juste une semaine - sans publicité mais seulement un message avec photo sur son compte Instagram – "surprise" –  elle met en vente son cinquième album sur iTunes, la plateforme musicale d'Apple. Succès immédiat et record. En six jours, l'album produit par Columbia s'est déjà vendu à plus d'1 million de copies (du net, du numérique...), les CD et DVD arrivent tout juste dans les bacs des disquaires quelques jours avant Noël.

Pourquoi ce succès rapide de Beyoncé ?

Parce qu'elle a cassé les codes. D'abord, elle a misé sur la réactivité de son jeune public alerté par les smart phones et autres tablettes. Et puis elle a adapté son produit au support : son album est tout en son et images avec 14 chansons et 17 vidéos. Fini le titre vendu à l'unité, le tout est disponible immédiatement sur iTunes pour 16 dollars (un peu moins de 12 euros).


Peut-on dire que ce système va faire des émules ? Beyoncé va montrer l'exemple ?*

Oui mais le système pas généralisable à tous les chanteurs. Beyoncé s'est construit une stature de vedette numérique : 8 millions de personnes la suivent sur Instagram, elle a 13 millions de followers (abonnés) sur son compte Twitter et 54 millions d'amis sur Facebook. De l'avis d'experts, pour prétendre percer avec ce mode de commercialisation, il vaut mieux être issu de la pop music et entretenir une relation de proximité avec son public. Vous vous souvenez peut-être de Radio Head qui, après avoir abandonné la maison EMI en 2007, a lancé le concept commercial monocanal sur internet. En janvier dernier David Bowie a balancé son dernier album sur iTunes sans crier gare... et puis Daft Punk dont l'album a été écouté environ 300 millions de fois, faisant flamber les ventes de musique de 6% au premier trimestre.

C'est un nouveau modèle économique

Oui, à l'image du monde dans lequel nous vivons : celui de l'immédiateté. Avec Internet, le producteur satisfait le client sur le champ en levant toute contrainte logistique et financière de la livraison physique du produit. L'impulsion du consommateur est générée par la nouveauté, et puis finis les lourds investissements publicitaires remplacés par les réseaux sociaux. C'est le bouche à oreille du 21ème siècle. Une vraie révolution qui va pousser tous les acteurs (du producteur au distributeur en passant par les publicitaires) à se réinventer. On est entré de pleins pieds dans le marketing digital.

Vous êtes à nouveau en ligne