Malgré Flamanville, l'EPR restera un réacteur nucléaire compétitif

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Le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville dans la Manche coûtera 2 milliards de plus que prévu. EDF l'a annoncé hier. C'est un nouvel épisode du feuilleton dont EDF et le gouvernement se seraient bien passés.

Ce surcoût fait déjà les choux gras des opposants au projet et des détracteurs du nucléaire. Nous en sommes  aujourd'hui à un peu plus de 8 milliards d'euros contre 3 milliards et demi promis lors du lancement du projet fin 2007. EDF invoque la nécessité d'études d'ingénierie supplémentaires, le coût de nouvelles exigences réglementaires et puis reconnaît des erreurs d'appréciation. Cela fait 20 ans que l'opérateur n'avait pas investi sur un tel projet historique. Des errements qui commencent à inquiéter les deux partenaires étrangers d'EDF, l'italien ENEL qui détient 12 et demi% de Flamanville et le britannique Centrica qui travaille sur un chantier identique en Grande-Bretagne.

Un sérieux coup dur... on pouvait imaginer meilleure publicité pour ce réacteur de troisième génération...

Oui, mais en dépit de tous ces soubresauts, l'EPR se fera pour plusieurs raisons. D'abord, stopper Flamanville serait remettre en question une technologie sur laquelle on a fondé beaucoup d'espoirs. Dans ce nouvel épisode malheureux, ce n'est pas la technologie du cœur de la centrale fabriqué par AREVA qui est en cause mais des raisons d'ajustements techniques liées à l'infrastructure (béton fissuré, mesures de sécurité post Fukushima renforcées, etc...). Dans sa phase de commercialisation future, l'EPR coûterait moins cher et resterait compétitif. Stopper Flamanville, ca serait également cesser la collaboration avec les 200 fournisseurs sous-traitants qui participent à l'élaboration du projet, plus de 3000 personnes travaillent sur le site jour et nuit. Et puis il ne faut pas oublier que si le réacteur nucléaire de troisième génération essuie les plâtres à Flamanville, 3 autres EPR sont en construction dans le monde. 1 en Finlande et 2 en Chine qui devraient pouvoir démarrer entre 2016 et 2020.

AREVA mise très gros avec ces réacteurs nouvelle génération...

D'ici 2016, le groupe dirigé par Luc Oursel, successeur d'Anne Lauvergon, espère concrétiser 10 commandes à travers la planète. Sur 440 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde, AREVA en entretient 360, preuve que les compétences du groupe français sont reconnues. Il vient même d'être retenu par les Etats-Unis pour monter une cellule de veille sécurité. C'est un fait, malgré Fukushima, le business des centrales est toujours porteur, c'est un marché juteux. Les prévisions parlent d'une croissance des capacités nucléaires de 50% au cours des 20 prochaines années. C'est la réalité. On pourra difficilement aller contre l'histoire.

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