Les investissements des PME et ETI vont repartir en France

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Le plan qui vient d'être annoncé par le Premier ministre Manuel Valls en faveur des petites entreprises a suscité de nombreuses réactions. Ces mesures qui se multiplient en faveur des entrepreneurs vont-elles finir par se concrétiser en créations d'emplois, comme l'espère le gouvernement ?

Sans être d'un optimisme béat : oui, bien sûr, ces mesures vont finir par porter leurs fruits ! La stratégie du gouvernement, ce n'est pas la méthode Coué : il s'agit d'accompagner les PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui sont les premières créatrices d'emplois en France mais aussi les plus fragiles face à ce que d'aucuns appellent le "grand capital du CAC 40", les grands groupes qui vont aujourd’hui chercher leurs marchés à l’étranger, où va l’emploi. L'INSEE vient de publier le chiffre des défaillances d'entreprises. Le nombre de ces sociétés qui mettent la clef sous la porte a augmenté de 0.8% sur un an à fin mars. Près de 64.000 dossiers ont été recensés et la tendance pour avril n’est pas meilleure.

 

Tous les indicateurs vont dans le même sens ?

 

Le dernier baromètre du cabinet Euler-Hermès contient des indices encourageants. Cet assureur-crédit aux entreprises est un observateur privilégié de la conjoncture qui dispose donc de toutes les données précises et fiables. Son baromètre nous apprend qu'une PME ou ETI sur trois en France envisage d'augmenter ses investissements cette année, même si elle n'a qu'une faible visibilité sur ses carnets de commande. Nuls au deuxième semestre 2014, ces investissements progresseraient de 1% en 2015 puis accélèreraient entre 2,5% et 3% en 2016. Euler-Hermès n'y va pas par quatre chemins évoquant un "top départ pour un grand retour de l'investissement" en France.

 

Des défaillances d'entreprises en hausse mais des perspectives d'investissements positives. Les deux informations ne sont-elles pas contradictoires ?

 

Non, car les défaillances soldent une période passée, même si celle-ci n’est pas très éloignée, alors que les perspectives d'investissements représentent une projection, une anticipation. Ce sont notamment les effets du CICE (crédit impôt compétitivité emploi) a permis aux entreprises – non pas d'embaucher tout de suite – mais de reconstituer leurs marges. Qui dit plus de marges dit plus de moyens pour investir... le premier stade avant l'embauche. Nous sommes dans cette période. Donc considérer toutes ces mesures – dont celles annoncées hier par le Premier ministre – comme des "cadeaux" faits aux petites entreprises est une erreur. C'est une posture politique qui, malheureusement, ne fait pas avancer le débat dans la bonne direction.

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