Le scandale des taux d'intérêts interbancaires coûte cher à la Deutsche Bank

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La première banque allemande, la Deutsche Bank, accepte de verser une amende de 2 milliards et demi de dollars aux autorités américaines et britanniques pour échapper à des poursuites pénales. En cause : une manipulation des taux d’intérêts.

Ces taux ont pour nom le Libor et l’Euribor. Ce sont les taux d’intérêts auxquels les banques se prêtent l’argent entre elles (Libor avec un L pour la place de Londres ; Euribor, EU pour l’ensemble de l’Europe). Ils sont calculés au jour le jour selon un panier d’une dizaine de monnaies internationales et comporte une quinzaine d’échéances. Le système est très complexe.

 

Comment ça marche ?

 

Pour financer les prêts qu’elles accordent à leurs clients (ménages, étudiants et entreprises), les banques ont besoin de liquidités. Ces liquidités, qu’elles n’ont pas directement dans leurs caisses, elles vont les chercher chez leurs concurrentes. 

Des établissements qui se prêtent de l’argent mutuellement n’a, en soi, rien de répréhensible. Ce qui l’est, c’est la manière dont les banquiers se sont arrangés entre eux pour fixer le montant de ces fameux taux d’intérêt et y gagner toujours un peu plus au change.

 

La Deutsche Bank a joué à ce petit jeu

 

La première banque allemande a été prise les doigts dans le pot de confiture entre 2005 et 2009. Aujourd’hui, en acceptant de payer, en amont, une lourde amende de 2 milliards et demi de dollars aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, l’établissement financier cherche la clémence des autorités locales pour éviter de perdre sa licence bancaire, notamment outre-Atlantique. Cela se ressentira dans ses comptes pour 2015. Pour faire face, la Deutsche Bank a passé une charge d'un milliard et demi de dollars au premier trimestre.

 

Ce n’est pas le seul établissement financier à s’arranger de la sorte

 

2 milliards et demi de dollars d’amende pour la Deutsche Bank est un nouveau record. Le précédent était détenu par la banque suisse UBS (1 milliard et demi de dollars versés en 2012). Il y a eu aussi la britannique Barclays… la Société Générale a été la seule banque incriminée en France.

 

Cela veut dire que, jusqu'à ce que l'affaire éclate en 2012, les banques étaient totalement livrées à elles-mêmes, sans aucun contrôle ?

 

De toute évidence, les différentes autorités de régulation n’ont pas joué pleinement leur rôle. Des observateurs vont jusqu’à dire que certains gouvernements ont laissé faire pour permettre aux banques de se reconstituer des marges pendant la crise et ne pas avoir à les recapitaliser directement avec l’argent du contribuable.

Entre 2009 et 2014, ces amendes "arrangées" ont coûté aux principales banques américaines et européennes impliquées la modique somme de 180 milliards de dollars, et toutes les affaires ne sont pas soldées.

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