Le Conseil d'Etat impose une nouvelle hausse du prix du gaz

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Les prix du gaz vont bientôt augmenter en France. Conséquence d'une décision rendue par le Conseil d'État alors que le gouvernement annonçait il y a quelques jours une baisse des tarifs pour le 1er février. Cela veut-il dire que le nouveau mode de calcul mis en place par Bercy est déjà obsolète ?

Sans mauvais jeu de mot, on peut dire que la baisse des tarifs de 0.5% prévue pour février a fait long feu. Dès le mois de juillet, excepté les employés de GDF qui bénéficient de tarifs préférentiels, quelque 11 millions de consommateurs vont voir leur facture augmenter de 23 euros sur 18 mois (environ 1,30 euros par mois).

Cette hausse on la doit au Conseil d'État qui a annulé des décisions prises par les gouvernements Fillon et Ayrault.

A trois reprises, malgré la hausse du prix du pétrole sur lequel est indexé celui du gaz, Matignon avait gelé les tarifs en privilégiant l'impact politique sans trop se soucier de l'aspect juridique. GDF SUEZ et ses concurrents ont vu l'erreur de droit, ont engagé un recours, et le Conseil vient de leur donner raison.

GDF SUEZ va récupérer 365 millions d'euros dont 150 millions au seul titre de 2012 : une bonne opération pour le groupe.

Ce rattrapage intervient dans un contexte tendu d'énergie chère au niveau mondial et, plus proche, au niveau européen. Aujourd'hui, l'Europe représente environ 80% de l'activité de GDF SUEZ et la crise qui sévit sur le vieux continent n'arrange pas les affaires du groupe. 

Sur les cinq dernières années, le titre GDF SUEZ a perdu près de 60% en bourse. Or, moins de capitalisation signifie moins de capacités d'investissements et donc, à terme, une perte de compétitivité.

Pour redresser la barre, GDF SUEZ s'est engagé à céder des actifs (essentiellement des participations dans des sociétés étrangères), mais aussi à réduire sa dette à 30 milliards d'euros fin 2014. Pour ce faire, le groupe doit trouver 8 milliards d'euros d'économies sur 2 ans tout en continuant d'investir pour entretenir l'outil de production. Ces chiffres et cette stratégie, on en parle peu mais ils sont biens réels.

Sans compter les dividendes que le groupe doit verser aux actionnaires...

Les actionnaires ne sont pas uniquement là où on veut bien les voir. Quels sont les deux actionnaires de référence de GDF SUEZ aujourd'hui ? Le belge Albert Frère pour un peu plus de 5% et l'État français à hauteur de 36%.

Comme l'actionnaire privé, l'État veut lui aussi une juste reconnaissance en monnaie sonnante et trébuchante, d'autant plus appréciable en période de disette budgétaire. Donc, la décision du Conseil d'Etat arrange d'une certaine manière GDF SUEZ, pénalise de manière certaine le consommateur mais au final, permet à l'État de s'assurer un vrai retour sur investissement.

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