Le commerce équitable est-il toujours... équitable ?

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La Semaine du commerce équitable se tient jusqu'au 18 mai. Ce principe de labélisation, apparu à la fin des années 1980, doit permettre d'améliorer les conditions de vie des producteurs des pays du Sud.

Les produits labélisés "commerce équitable" se sont bien vendus en France
l'année dernière. La reprise remonte à 2012 après une période difficile entre 2009 et 2011, du fait de la crise. L'association la plus connue, Max Havelaar labélise environ 95% des
produits équitables en France. Max Havelaar parle d'une augmentation de son chiffre d'affaires
de 10% par rapport à 2012.

Les 3.600 produits portant le logo bleu et vert de
l'association ont généré l'an dernier 360 millions d'euros d'activité. Sur les
dix dernières années, la consommation a été multipliée par cinq. On estime
aujourd'hui à un peu plus de sept millions le nombre de foyers français qui
achètent ces produits.

Café et thé en tête de classement

Ce succès n'est pas identique pour tous les produits équitables. Comme dans toute activité, il y a un palmarès. En tête du
classement apparaissent les boissons chaudes. Le café puis le thé sont les deux produits les plus vendus en France, 65% du chiffre d'affaires total du secteur. Viennent ensuite le
chocolat, les biscuits et la confiserie. Les fruits sont en queue de classement
avec seulement 6% du chiffre d'affaires.

Le coton équitable en difficulté

Par contre, la filière coton rencontre des difficultés. Le
secteur du prêt à porter est de moins en moins demandeur, seuls les gros
contrats professionnels tiennent ce segment à bout de bras, des entreprises
qui habillent leurs personnels avec du coton équitable comme la Sncf pour la
tenue de ses agents.

Un circuit alternatif

C'est le résultat de la stratégie mise en place au fil
des années par Max Havelaar. Ce dernier voulait trouver des circuits de
commercialisation autres que la grande distribution. Il s'est tourné vers les
distributeurs automatiques de boissons installés dans les entreprises, vers
les hôtels, les cafés-restaurants et les réseaux de distribution bio. Ils
représentent aujourd'hui 40% de la commercialisation. Finalement, le café
équitable doit son succès au circuit alternatif.

Un commerce équitable, pas toujours équitable

Apparu à la fin des années 1980 dans le
grand public, le concept vise à améliorer les conditions de vie des producteurs
des pays du Sud (en Afrique, en Amérique latine, etc...) qui ne bénéficient pas de
protection sociale ou de subventions. C'est le principe de base. Après, il y a les
méthodes de labélisation et de commercialisation.

La grande distribution s'est engouffrée dans le mécanisme
au point de peser sur les négociations tarifaires en faisant du volume. Donc
aujourd'hui, on se tourne plus vers les grandes cultures aux dépens des petits
exploitants censés initialement bénéficier du système.

Quant à la certification, la tentation est grande d'élargir
le cahier des charges. On parle d'un nouveau logo Max Havelaar, légèrement
différent de celui existant pour permettre aux industriels de
l'agroalimentaire d'adapter leur offre.

Business is business. L'équitable doit-il s'adapter à un
monde de plus en plus globalisé au risque de perdre un peu de son âme ? C'est
toute la question.