Le commerce de détail s'engage pour la création d'emploi

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Le gouvernement présentera d'ici la fin de l'année un dispositif visant à autoriser l'ouverture des commerces le dimanche. Le sujet était sur la table du Conseil des ministres cette semaine et les commerçants en profitent pour lancer un plan de bataille

''Comment relancer l'emploi dans le commerce de
détail ?''. C'est le titre d'un document de travail concocté par
l'Alliance du Commerce (le regroupement des grands commerces de centre-ville,
de la fédération des enseignes de l'habillement et celles des chaussures).

Les effectifs de cette branche sont supérieurs à ceux de
l'industrie (1 jeune actif sur 4 y travaille aujourd'hui). De 1995 à 2008, elle
a créé 500.000 emplois alors que l'industrie en détruisait autant. Mais depuis
2008 et le début de la crise, on est sur un plateau. Ca stagne.

Pourquoi ce plan, précisément maintenant ?

L'Alliance du Commerce a mis cartes sur table. Des
mesures fiscales initiées par l'ancien Premier ministre François Fillon se
poursuivent, le CICE monte en puissance, et puis arrive le paquet Valls avec de
nouvelles exonérations de charges à partir de 2015. Les commerçants se sont
dit : tout cela c'est bien, mais comment fait-on concrètement pour créer
de l'emploi alors que notre chiffre d'affaires est en panne et – effet direct
de la crise – nos surfaces commerciales ne se développent plus. Fort de cette
réflexion, ils ont demandé à plusieurs experts dont l'économiste Gilbert Cette
de réfléchir à un plan d'action.

D'autant que ce genre de commerce est fortement
concurrencé par internet

Cela fait partie des bases de réflexion. 10% de
l'habillement en France sont aujourd'hui achetés sur internet. Les vêtements sont
partout (dans les entrepôts, les camions, les avions, les trains...), mais plus
dans les magasins. Sans chercher à contourner internet qui est aussi une source
de développement pour les commerçants qui s'y prennent bien, la ligne
directrice de ce plan d'action est de s'adapter au rythme de vie des
consommateurs. C'est aller chercher les relais de croissance là où ils
sont : améliorer le service – en quantité et en qualité – et, partant,
réorganiser le temps de travail car le client, lui, n'a plus d'horaires. Il est
exigeant à n'importe quel moment.

En creux, apparaît l'épineux dossier du travail du
dimanche

Pas seulement. Il y a un tas de règles administratives
qui régissent le commerce en fonction des zones géographiques, des horaires,
etc... Le travail du soir par exemple. Cas d'école : Monoprix qui, dans la
capitale, pouvait ouvrir jusqu'à 23 heures, parfois plus, doit maintenant
fermer impérativement à 20h30/20h45. Bilan : sur un an, l'enseigne a vu son
chiffre d'affaires baisser de près de 1% et a dû se séparer de 1.500 personnes. Les
exemples sont légion. Les comparaisons internationales montrent une situation
française très restrictive.

Sait-on quel serait l'impact sur l'emploi de l'extension
des horaires d'ouvertures ?

Précisément, prenons l'exemple de l'ouverture dominicale.
Selon les calculs effectués par Gilbert Cette, si une dérogation administrative
permettait l'ouverture pendant 10 dimanches supplémentaires dans l'année, cela
dégagerait 32 millions d'heures travaillées (uniquement dans le commerce de
détail), soient 20.000 emplois équivalents temps plein.

Bien sûr, tout cela doit se faire dans les règles de
l'art. Pourquoi ne pas donner plus de latitude aux maires des communes pour
décider (donner plus de responsabilités aux territoires). Et puis surtout bien
encadrer cela sur le plan social, notamment en définissant mieux les conditions
de recours au travail du soir.

Ce qui est intéressant dans ces réflexions, c'est que l'Alliance du Commerce est pro-active. Elle n'attend pas tout de l'Etat mais fait des propositions concrètes. Le gouvernement devrait regarder cela de plus près, et on ne peut qu'encourager les autres fédérations professionnelles à faire de même.

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