La recapitalisation des banques est en marche

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La descente aux enfers de la banque franco-belge DEXIA a, plus que jamais, relancé la question de la recapitalisation des banques… le mouvement s’est particulièrement accéléré au cours des dernières 48 heures.

Le coup d’envoi a été donné mardi soir par le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires… Oli REHN assurait alors que les ministres européens des finances préparaient un plan « coordonné et concerté » des banques européennes. Mercredi, la chancelière allemande Angela MERKEL lui emboîtait le pas en réclamant des critères communs pour une recapitalisation rapide… avant que le Président de la Banque Centrale Européenne Jean-Claude TRICHET n'enfonce le clou en annonçant une série de mesures "non conventionnelles" (comme les armes...on se croirait en guerre...) pour aider les banques à renforcer leurs bilans. Cette mobilisation générale ne laisse aucune place au doute : l’ouverture du chantier de la recapitalisation des banques est lancé… Nicolas SARKOZY en parlera avec Angela MERKEL dimanche prochain lors d'un déplacement en Allemagne.

Que se cache-t-il exactement derrière cette « recapitalisation » ?

Il s'agit de donner aux banques les moyens d’avoir les reins financiers suffisamment solides pour absorber les chocs d’une éventuelle crise financière. En d’autres termes, et pour faire très court : on demande aux banques de disposer de fonds propres supérieurs à leurs engagements au nom du principe de précaution. En fait, ce mouvement est déjà en marche... depuis trois ans, les banques européennes ont levé plus de 400 milliards d’euros pour renforcer leurs fonds propres. Pratiquement autant que les banques américaines.

Doit-on aller plus loin ?

La crise l’exige, oui. Le problème, c’est la mésentente qui règne au sein même de l’Europe. On n’arrive pas à se mettre d’accord sur le contenu de ce plan de recapitalisation. Les idées ne manquent pas mais il faut trouver un consensus entre 27 pays. Et puis il faut trouver l'argent ! Les accords dits de « Bâle III » destinés à renforcer les fonds propres des 8300 banques du Vieux Continent imposent de trouver 450 milliards d’euros supplémentaires d'ici 2019. La chasse aux liquidités est ouverte et comme les banques ne se prêtent plus entre elles par manque de confiance réciproque, on se tourne vers les banques centrales.

Le renforcement du capital des banques est-il suffisant ?

Non. La Commission européenne veut d'ailleurs aller plus loin et devrait faire des propositions concrètes dès le mois de novembre en suivant plusieurs pistes : 1/ trouver des solutions au blocage du marché interbancaire ; 2/ renforcer la supervision des banques à l’interne comme à l’externe… et puis 3/ : créer un cadre de gestion des faillites bancaires. Autrement dit : que les banques puissent, en cas de réelles difficultés, faire faillite comme toute entreprise quelconque de l’économie réelle. C’est certainement le chantier de réflexion le plus novateur... mais il faudra une actions "concertée et... coordonnée" !

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