La Poste, les chantiers du futur nouveau président Philippe Wahl

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Gros plan sur La Poste. Son actuel patron, Jean-Paul BAILLY, avait annoncé cet été qu'il n'irait pas jusqu'au bout de son mandat. Hier, l'Assemblée nationale et le Sénat ont donné leur feu vert à la nomination prochaine de son successeur. Il s'agit de Philippe WHAL qui connaît bien l'entreprise puisqu'il dirige aujourd'hui la Banque Postale.

C'est un triple défi qui attend l'ancien conseiller de Michel Rocard à Matignon et issu de la même promotion de l'ENA que le ministre de l'économie Pierre Moscovici. C'est lui, Philippe WAHL, qui a mis en place la CSG sous le gouvernement Bérégovoy.
Triple défi : industriel, économique et social. Si le courrier constitue toujours le principal métier du groupe avec un chiffre d'affaires de 11 milliards et demi d'euros en 2012, cette activité est en baisse constante de près de 20% depuis 5 ou 6 ans.

On écrit de moins en moins ?

Ce n'est pas la correspondance des particuliers qui pose réellement problème (chaque foyer consomme en moyenne 30 euros de timbres par an). Ce qui pèse, c'est la dématérialisation galopante des courriers officiels, administratifs et professionnels : les impôts sur internet, les factures d'électricité via le web, la télétransmission entre le médecin et les mutuelles. Autant de paperasse en moins, certes, mais un manque à gagner évident pour la Poste. A l'horizon 2020, le volume d'activité courrier devrait être divisé par 2.

Toutes ces perspectives ne sont pas sans conséquences sur le plan social

Philippe WAHL devra mener à bien le projet stratégique 2013-2018 concocté par son prédécesseur et qui veut renforcer la qualité de vie au travail. Le futur nouveau Président prolongera ce contrat avec ce qu'il appelle un "plan de confiance partagé". Les actions concrètes devront être à la hauteur des mots (le traumatisme engendré par le suicide de salariés est très fort).
Ce qui inquiète le plus certains syndicats comme la CGT et SUD, c'est le profil de banquier de Philippe WAHL. C'est un homme du sérail. Il fut patron chez PARIBAS et aux Caisses d'Epargne avant d'atterrir chez Royal Bank of Scotland. Beaucoup craignent que la Poste ne se transforme en véritable banque.
L'entreprise bénéfice d'un excellent capital humain : les 250.000 employés dont 90.000 facteurs sont conscients de l'évolution inéluctable de leur métier, certainement vers plus de services de proximité aux particuliers à domicile ou des collectivités locales.

Véritable révolution : La Poste en a-t-elle les moyens ?

Une branche fonctionne bien : celle des colis. Une croissance externe par rachat de messageries à l'étranger est souhaitable pour lutter contre la concurrence des FEDEX et autre UPS.
Et puis il y a l'importante force de frappe numérique. La Poste est l'un des rares groupes français a avoir créé un poste de Directeur en charge du numérique, présent au Comité exécutif. Désormais, chaque décision stratégique qui engage l'avenir de la société est prise à l'aune de l'évolution de l'économie numérique.
La Poste a déjà pris le tournant de l'entreprise du futur. Il faut maintenant fédérer autour du nouveau projet. La tache de Philippe WAHL s'annonce énorme.

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