La nouvelle vie d'Arianespace

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Une page va bientôt se tourner dans la vie d'Arianespace. Le gouvernement français donne son feu vert à la cession des parts de l'Etat aux groupes Safran et Airbus. L'opération sera confirmée dans quelques jours.

L'annonce sera faite officiellement lors du salon aéronautique du Bourget qui commence lundi 15 juin. Arianespace, c'est la société qui commercialise les tirs de trois fusées, trois lanceurs exploités à Kourou en Guyane : Ariane5, Vega et Soyouz. Aujourd'hui, l'Etat français détient près de 35% du capital d'Arianespace via le CNES, le Centre National d'Etudes Spatiales. Ces 35% vont donc être cédés à Airbus Safran Launchers, une co-entreprise récemment créée, qui réunit Safran et Airbus, chargée de développer et de fabriquer la fusée de nouvelle génération Ariane 6. Le nouvel ensemble détiendra 75% d'Arianespace qui est aujourd'hui structurellement déficitaire... le reste étant détenu par d'autres investisseurs européens.

Peut-on parler de privatisation ?

On peut dire cela même si le mot est tabou par les temps qui courent. L'opération a nécessité de longues discussions. Il y a eu la négociation sur le prix, sur la marge de manœuvre d'Airbus et Safran qui ont obtenu d'avoir les mains totalement libres dans un secteur stratégique. En échange, les deux groupes se sont engagés à ne pas toucher aux emplois. Les syndicats sont plutôt dubitatifs sur ce point.

Sur le fond, qu'est-ce que cela change ?

L'affaire est tout autant financière que technologique, autant dire stratégique. Financière pour l'Etat qui devrait tirer de l'opération jusqu'à 200 millions d'euros. Stratégique car la modernisation de la fusée Ariane (passer de la 5 à la 6) est très coûteuse mais totalement maîtrisable par la structure privée Safran-Airbus qui aura les coudées plus franches. Un accord gagnant-gagnant en quelque sorte : l'Etat récupère de l'argent et Safran-Airbus va maîtriser la totalité du programme Ariane 6 auquel les vingt états membres de l'Agence Spatiale Européenne ont donné leur aval fin 2014. Ce projet, il ne faut absolument pas le rater car en face il y a les Américains avec le lanceur Space X, développé par le milliardaire Elon Musk, qui propose de lancer des petits satellites 30% moins cher que les Européens (50 millions d'euros contre 60 millions pour Arianespace). Guerre technologique et guerre des prix... quoi qu'il arrive, Ariane 6 doit entrer en fonction en 2020.

C'est un tournant dans l'histoire d'Arianespace, Emmanuel Cugny
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