La France lance son concours mondial de l'innovation

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François Hollande et Arnaud Montebourg lancent aujourd'hui à Paris un "concours mondial d'innovation". L'organisation de cette manifestation a fait peu de bruit, mais c'est une grand messe à laquelle on devrait assister ce soir.

Elle aura lieu au Centquatre, le dernier lieu culturel branché parisien dans le 19ème arrondissement, un bâtiment aux dimensions "démesurées" bien choisi pour symboliser l'ampleur de ce concours. Quel est l'objectif de ce rendez-vous ? Attirer des projets technologiques particulièrement novateurs pour donner naissance à des entreprises en France. Ce concours sera ouvert à tous types d'acteurs, français et étrangers, PME, grands groupes et chercheurs. Le cahier des charges est très stricte : les projets devront concerner 7 domaines : stockage de l'énergie, valorisation des richesses marines, chimie du végétale, médecine individualisée ou encore la silver économie (l'économie des seniors). L'entreprise, je le disais, devra être créée en France et de droit français (le petits malins qui voudraient se faire enregistrer au Luxembourg ou aux Bermudes n'auront pas voix au chapitre). Car pour accompagner tous ces projets, l'Etat va dégager de l'argent. La mission "Innovation 2030" que préside Anne Lauvergeon retiendra in fine 30 projets dotés chacun de 2 millions d'euros.

Cela ne ressemble t-il pas à un bon plan de communication ?

Il vrai que l'ambition est telle qu'il lui faudra être suivie d'effets. Mais ailleurs, ce type de concours fonctionne depuis longtemps. Dans les années 60, aux Etats-Unis cela a donné naissance à l'Arpanet, l'ancêtre d'internet. Plus tard, en 2000, ce fut la voiture sans chauffeur qui a donné la Google car dont on parle beaucoup aujourd'hui.


L'idée est de faire la même chose en France*

On ne peut que saluer cette initiative. C'est l'esprit créatif et potentiellement porteur d'emplois. Cela dit, attirer les idées du monde entier c'est bien mais aider celles qui sont déjà sur pied ne serait pas plus mal. Il y a notamment la création d'un vrai statut d'entreprise innovante qui n'existe pas encore en France et qui mettrait en place les conditions du financement de l'innovation bien au-delà de la seule phase de recherche et développement. Les petites entreprises manquent cruellement de fonds propres et de moyens pour se développer. On sait que les petites structures qui bénéficient de fonds propres issus du capital risque affichent une croissance supérieure aux autres. Le cabinet Ernst and Young estime à 10% le différentiel de création d'emplois.
Donc, banco Monsieur le Président... mais pensez aussi aux petites boîtes qui aimeraient un peu plus d'air pour respirer et se développer.