L'actionnariat salarié à la française fait recette

Alors que les premiers résultats des négociations annuelles sur les rémunérations dans les entreprises font état d'une modération salariale en France, une étude montre que l’épargne des salariés ne s’est jamais aussi bien portée.

 

L’épargne salariale c’est ce que versent certaines
entreprises à leurs salariés sous forme de participation aux bénéfices (on
parle aussi de primes d’intéressement) ou de plan d’épargne retraite. Ces
sommes peuvent être investies sur des fonds communs de placement et utilisables
généralement après 5 ans. Selon l’Association Française de la
Gestion Financière, le nombre d’entreprises qui ont offert ce dispositif à leur
personnel en 2011 a progressé de 7% par rapport à 2010 (essentiellement des
PME-PMI). De leur côté, les salariés ont versé l’an dernier plus de 16
milliards d’euros sur leurs plans d’épargne salariale, soit… 20% de plus qu’en
2010.

Quelle leçon en tirez-vous ?

Et bien que, contrairement à ce que font croire certains
récents sondages, les salariés restent attachés à leur entreprise et lui font
confiance au point d'y investir. Maintenant, attention à ne pas tout mélanger
car les systèmes de capitalisation offerts aux employés sont multiples et n'ont
pas le même impact. Il ne faut pas confondre ''participation aux résultats'' et
''actionnariat salarié''. La participation aux résultats n’engage pas, ou peu,
le collaborateur. Si l’entreprise est bénéficiaire, il ne fait qu'en toucher
les dividendes. En revanche, l’actionnariat salarié permet d’accéder à la
gestion stratégique de l’entreprise. Car qui dit actionnaire, dit
décisionnaire. Le salarié à qui le patron propose de devenir actionnaire se
voit invité, en plus d’un retour sur bénéfices, à participer au conseil
d’administration... c'est une prise de risque mais calculée et sécurisée...
sans prise de risque, l'entreprise privée n'existerait pas.

***Est-ce que cela change quelque chose à la gouvernance ?


Oui
à deux niveaux. Pour le salarié, l’implication plus forte dans la gestion
change le sentiment d’appartenance à sa société dont il a un accès direct à la
décision. Il en devient copropriétaire Et puis pour le patron, c’est une
pression permanente qui impose plus de transparence. L’actionnariat salarié est
certainement une réponse à la crise du capitalisme que l’on traverse en ce moment.
Malheureusement encore trop peu accessible aux basses rémunérations,
l’actionnariat salarié doit être envisagé sur le long terme, avec entrée
progressive et transmission possible aux générations suivantes… peut-être un
bon sujet de réflexion pour nos candidats à la présidentielle.

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