Italie, gros doute en Europe

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C'est donc une Italie ingouvernable qui se réveille ce matin. Les élections législatives ont porté la gauche à la Chambre des députés (avec une très courte avance) et le Sénat se retrouve sans majorité. Outre la poussée du populiste Beppe Grillo, il y a le retour de Silvio Berlusconi... Cette Italie instable peut-elle peser sur l'économie européenne ?

Ce scrutin constituait le premier test grandeur nature pour la politique d'austérité et de rigueur. On a assisté au retour de l'Europe des peuples à travers les urnes. Le risque est l'effet boule de neige dès qu'une élection se présentera à l'avenir au sein des autres pays membres de l'Union. Maintenant, l'impact sur l'économie ? La première atteinte sera évidemment l'Italie au nom des engagements pris à Bruxelles. Si Berlusconi sur-joue de sa capacité de nuisance, le discours populiste qui consisterait à relâcher la pression sur les comptes publics anéantirait tous les efforts réalisés jusqu'ici. Le choc fiscal de 150 milliards d'euro sur 3 ans combiné aux économies que Mario Monti a imposées à l'administration publique ont provoqué l'ire des italiens. Le fait est qu'aujourd'hui l'Italie rentre dans les clous du 3% de déficits, et même si elle reste élevée à 130% du PIB, la dette du pays s'est stabilisée. Si l'Italie revenait sur ces engagements, Bruxelles répliquerait en refusant les propositions budgétaires qui ne lui conviendraient pas, créant du coup un sérieux malaise au sein de la zone euro, nous discréditant encore un peu plus sur la scène internationale.

On s'oriente vers une difficile coalition avec probablement à sa tête le leader de la gauche Luigi Bersani. Que contient son programme ?

Rien ! En tout cas il n'a pas annoncé de mesures précises. Issu des rangs communistes, il a été porté par un raz le bol général mais pas par son programme. Ce flou est gênant car il renforce les incertitudes sur la gestion des affaires d'un pays profondément en crise. Ensuite, cette élection va changer la donne dans les relations entre les pays d'Europe du Nord qui s'en sortent plutôt bien et ceux du Sud en difficulté. Au milieu, la France et l'Italie. Mario Monti était proche d'Angela Merkel, Pier Luigi Bersani va de toute évidence se rapprocher de François Hollande. Une distance politique devrait donc se créer et les marchés financiers pourraient sanctionner cette Europe qui tarde à se réformer. De bien mauvaise augure, notamment pour les pays et les banques qui ont acheté de la dette italienne. N'oublions pas que BNP PARIBAS contrôle 100% de la Banca Nazionale de Lavoro. Situation très compliquée ce matin... y compris pour Mario Monti dont la mue d'économiste en homme politique en échoué. Il vient de voir s'envoler tout espoir de succéder à  Herman van Rumpuy à la tête de l'Europe.

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