Hôpitaux publics : l'ardoise des pays étrangers

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L’été est chaud à plus d’un titre pour l’hôpital public. La canicule délivre son lot de patients supplémentaires aux urgences… il y a également les finances, mises à mal notamment par la dette que nous doivent les pays étrangers.

Fin 2014, la dette accumulée par les patients, français ou non, résidents à l’étranger, s’élevait à 120 millions d’euros, une somme non recouvrée par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. 120 millions, c'est plus du double du déficit des activités de soins des hôpitaux concernés. C’est ce que l’on appelle une belle ardoise.

Au palmarès, l’Algérie arrive en tête avec 31 millions d’euros d'impayés, suivie du Maroc (11 millions), les Etats-Unis nous doivent près de 6 millions d’euros, la Belgique et la Tunisie environ 5 millions, l’Italie 4 millions d’euros.

 

N’y a-t-il pas un moyen de lutter contre ces impayés ?

 

Depuis deux ans, l’AP-HP majore systématiquement de 30% ses tarifs pour les patients résidents à l’étranger – hors urgences et interventions humanitaires. L'année dernière, cette surfacturation a permis d’encaisser 10 millions d’euros, mais les dérives continuent.

Un nouveau dispositif sera mis en place à partir de septembre : il faudra payer à l'avance. On fournira aux patients ou à leur assureur un devis réalisé sur la base des prestations d’une journée d’hospitalisation, le tout majoré de 30%. Si cette somme n’est pas réglée, la prise en charge ne sera pas assurée.

 

N’est-ce pas une rupture du serment d’Hippocrate, qui veut que le médecin soigne sans aucune distinction ?

 

Pour les patients accueillis en urgence, un règlement ultérieur sera accepté. Mais, d’une manière générale, il s’agit de stopper les dérives de patients qui peuvent généralement payer, sont parfois fortunés. Le contribuable français n’a pas à régler cette note.

Accueillir certains patients peut rapporter des subsides non négligeables et permettre l’amélioration des infrastructures hospitalières. On se souvient de la polémique de l’an dernier : 9 chambres de l'hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne-Billancourt, avaient été privatisées pendant six jours pour soigner un émir du Moyen-Orient et accueillir sa famille. A l'époque, le patron de l'AP-HP Martin Hirsch avait assumé.

Selon l’économiste spécialiste de la santé, Jean de Kervasdoué, deux milliards d'euros pourraient être ainsi récupérés sur 5 ans. Ce n’est pas la rupture du serment d’Hippocrate… c’est ce que l’on appelle être pragmatique. A ce titre, l’administration hospitalière est particulièrement attentive lorsqu’elle reçoit une demande du secrétariat particulier du roi du Maroc, de l’Ambassade des Emirats Arabes Unis ou du bureau européen de l’Arabie Saoudite… pour ne citer que ces quelques exemples.

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