Hollande - Merkel : les clivages avant les compromis nécessaires

Le président de la République François Hollande rencontrait la Chancelière allemande Angela Merkel hier soir à Berlin. Quel bilan tirer de ce tête-à-tête ?

Comme prévu, nous avons assisté hier soir à une prise de
contact et non à une prise de bec. Les deux protagonistes se sont bien gardé de s'aventurer sur certains terrains glissants comme le rôle de la BCE dans la
relance, sujet pourtant crucial.
La Banque
Centrale Européenne doit-elle faire plus pour aider les Etats en
difficulté ? Faut-il changer ses statuts pour le lui permettre ? Ne
doit-elle pas baisser les taux d'intérêts pour favoriser ou accompagner la
reprise de l'économie sur le Vieux Continent ?
Sur tous ces points :
silence radio... Peut-être ces éléments seront-ils "mis sur la
table"
(pour reprendre l'expression de François Hollande) lors d'un
sommet européen informel prévu le 23 mai.

Hier, nous en sommes donc restés aux
généralités. Oui, la Grèce doit rester dans la zone euro. Oui, nous ajouterons
des mesures de relance pour sauver Athènes et, plus largement, l'Europe... Mais
qui paiera ces mesures de relance, et comment ?... Là encore :
affaire à suivre.

D'autant que le quinquennat de François Hollande s'ouvre sur
une économie à encéphalogramme plat...

Contrairement à l'Allemagne qui devrait voir son économie
progresser de 0.5% au premier trimestre 2012 (plus que prévu par les
analystes), l'INSEE prévoit pour la France une croissance nulle sur la même
période... Nulle également au deuxième trimestre, si l'on en croît la Banque de
France. Autrement dit, sauf retournement conjoncturel au cours du second
semestre, les objectifs fixés par la nouvelle équipe au pouvoir ne pourront pas
être atteints.

D'où l'importance de se mettre rapidement d'accord sur les
outils et les moyens de relancer l'économie.

Concernant
les outils : les investissements prônés par le nouveau locataire de l'Elysée au
niveau européen peuvent contribuer à la relance.
Mais sans réformes plus
vastes, les efforts seront vains. Infrastructures routières, énergies nouvelles
ou industrie... à l'échelle de l'Europe, ce ne sont malheureusement pas quelques
dizaines de milliards d'euros de nouveaux projets qui relanceront la machine
sur le long terme. Il faut, plus largement, miser sur les réformes
structurelles, celle qui permettent de lutter directement contre l'endettement.
Enfin : ne pas appliquer une recette commune à tous les pays mais adapter les
solutions à chaque cas.

Concernant les moyens : avec moins de rentrées fiscales
et plus d'économies à réaliser, faudra-t-il renier certaines promesses
coûteuses ? Augmenter massivement les prélèvements, ou tout simplement reporter
l'objectif de retour à l'équilibre des finances publiques en 2017 ? Souvenons-nous que le débat était, en d'autres temps, rapidement monté au sujet des
contraintes imposées par le Traité de Maastricht.

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