Hausse des taux d'intérêt américains, quelles conséquences en Europe

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Réunion historique. Les dirigeants de la banque centrale américaine (la Fed) se retrouvent mardi et mercredi à Washington pour décider, très probablement, de la première hausse des taux d’intérêts aux Etats-Unis depuis près de dix ans.

C’est la dernière réunion de la Fed de l’année et Janet Yellen, sa présidente, a préparé le terrain depuis des mois, estimant que les taux qui sont proches de zéro (entre 0 et 0.25%) ne pouvaient pas rester ainsi indéfiniment.

On s’attendait à un geste en septembre mais cela n’a pas été le cas.

Comme les marchés ont horreur de l’incertitude, pour éviter de s’attirer leurs foudres, mais aussi envoyer un signal à quelques semaines d’une nouvelle année, cette fois devrait être la bonne. Le moment est mûr pour un relèvement des taux outre Atlantique.

 

Pourquoi aujourd’hui plus qu’hier ?

 

Même si la Chine fait toujours planer quelques doutes sur son réel niveau de croissance, même si les prix bas de l’énergie et des matières premières entretiennent une faible inflation…  c’est un fait : l’économie américaine va mieux.

Après la crise, le niveau de croissance est de nouveau encourageant (on devrait atteindre + 2,1% en 2015) ; le chômage est redescendu à 5% de la population active et l’inflation est remontée à 2% – objectif et niveau souhaités.

Surtout, dans le contexte conjoncturel actuel, laisser les taux à un niveau bas risquerait de provoquer une bulle spéculative. Il y a déjà beaucoup de liquidités en circulation, inutile de se remettre dans la situation qui avait abouti à la crise des subprimes en 2008.

Enfin,  relever progressivement les taux (pour remonter peut-être à 1% fin 2016), donnera une marge de manœuvre à la Fed en cas de nouveau ralentissement économique. Elle pourra alors de nouveau baisser ses taux pour relancer la machine, ce qu’elle ne pourrait pas faire avec des taux déjà à zéro.

 

Quel impact pour notre quotidien en Europe ?

 

La première conséquence d’une remontée des taux d’intérêt américains va être de rendre le dollar plus rémunérateur, donc plus attractif pour les investisseurs qui vont se tourner naturellement vers le billet vert, et faire baisser l’euro. Ce qui profitera à notre croissance puisque nous exportations seront encore plus compétitives.

Mario Draghi, le président de la BCE, va-t-il enclencher lui aussi une hausse des taux dans la foulée de la Fed ? Non. Ce n’est surtout pas le moment.

L’économie européenne a encore besoin d’être soutenue, de disposer de taux bas pour entretenir le crédit, soutenir l’innovation, et aider les ménages à emprunter à de bonnes conditions.

Si la Banque centrale européenne relève les taux, cela ne sera probablement pas avant un an ou un an et demi. Il faut continuer de soutenir l’économie de la zone euro qui est en phase de reprise.

N’oublions pas que les américains ont toujours au moins 4 ans d’avance sur nous… ce qui nous donne du temps pour voir venir.

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