Guerre des prix du lait, Candia dégraisse

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Candia va fermer plusieurs de ses usines en France et supprimer plus de 310 emplois. Avec le plan social récemment annoncé par le volailler Doux, c'est un nouveau coup dur porté au secteur agroalimentaire français.

Triste ambiance à la ferme. Après la volaille, le lait. La coopérative SODIAAL (aussi connue pour la marque Yoplait) a annoncé hier la fermeture des sites Candia du Lude dans la Sarthe pour 2014, de Saint-Yorre dans l'Allier et Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône, pour fin 2013. CANDIA est pourtant loin d'être un petit du secteur avec un milliard et demi de litres de lait transformés par an. Seulement voilà, la pression est chaque année plus forte et la compétitivité en perte de vitesse.

Vous voulez parler de  la pression de la concurrence ?

Oui, essentiellement celle des pays d'Europe du Nord qui ont commencé à anticiper la fin des quotas laitiers prévue en 2015. En réalité, la guerre des prix est lancée depuis déjà deux bonnes années... les pays producteurs se placent pour répondre à la demande croissante de mastodontes comme la Chine ou les émergents. Pour gagner ces marchés, certains pays comme l'Allemagne n'hésitent pas à faire de la production de masse de moindre qualité, donc moins chère. La France, elle, a fait le choix de la qualité avec du lait enrichi en vitamines, sans lactose, bio... donc plus cher. A quoi on ajoutera la hausse du coût des matières premières : le prix des céréales qui pèse sur le producteur pour nourrir le bétail ; le prix du plastique pour l'emballage qui flambe avec les cours du pétrole ; et puis le carburant pour le transport. Vous combinez tout cela et vous arrivez à des marges réduites... donc une compétitivité moindre... et de nécessaires restructurations. Il ne faut pas cacher non plus que certains grands distributeurs n'hésitent pas aller acheter leur lait à l'étranger – où il est moins cher – pour faire pression sur leurs fournisseur... ce n'est pas conséquences.

Comment cela va-t-il se traduire, à la fois pour le consommateur et le producteur ?

Au final, (même si les étiquettes sont remontées ces derniers temps dans les magasins) le gagnant c'est le consommateur car il se retrouve au bout de la chaîne de cette impitoyable guerre des prix. Pour les éleveurs qui possèdent le bétail, la fermeture des trois sites Candia ne devraient rien changer... le lait continuera d'être récolté normalement avant d'être envoyé sur des sites de transformations regroupés par région. Mais depuis la rentrée, Lactalis et Sodiaal ont baissé de 5 euros le tarif versé aux éleveurs pour 1000 litres achetés, et on voit mal comment le mouvement pourrait s'inverser. Aux côtés des salariés, les petits producteurs seront les perdants de cette guerre car ils n'auront pas les reins assez solides pour résister... sauf à se regrouper pour se renforcer. Dommage car la France des pâturages et des bocages n'a pas perdu ses atouts... si on lui redonne l'oxygène nécessaire pour moderniser son outil de production, l'hexagone peut retrouver sa place dans ce grand marché mondial irréversible... à ce qu'il paraît, Louis Gallois à quelques solutions.

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